Il n'est pas dans mes habitudes de signer des pétitions, toutefois…J'ai été sollicité pour signer une pétition qui circule actuellement pour s'opposer à un projet "local surfeurs" dont l'implantation est envisagée par la municipalité de Sainte-Marie de Ré aux Grenettes, au droit du spot de surf, près du pas des Biettes.
Curieusement, cette pétition émane des surfeurs eux-mêmes. Sans doute encore des gens qui refusent que l'on fasse ainsi leur bonheur contre leur volonté. Ah les ingrats !
Il se trouve que j'ai fait partie des tout premiers surfeurs des Grenettes au début des années 80. Je connais bien ce site auquel je suis très attaché.
Ce projet appelle de ma part les remarques suivantes :D'abord, il faut rappeler que le parking de la plage des Grenettes (réalisé pendant le mandat de M. Paul CHAIGNE) est une situation de fait .
C'était autrefois un espace dunaire qui a été remblayé avec les remblais résultant de l'excavation de la piscine de l'hôtel des Grenettes lors de sa construction.
On est bien là dans une situation tout-à-fait semblable à celle qui a défrayé la chronique à Saint-Martin avec le parking près des remparts. Mais les faits sont prescrits et ne sont d'ailleurs pas imputables à l'actuelle Municipalité de Sainte-Marie de Ré .
Ensuite, à en croire les comptes rendus de la récente réunion d'information, il semble que ledit local serait qualifié de
"poste de secours", pour les besoins de la cause, alors qu'il semble bien avoir vocation à abriter une activité lucrative, école de Surf et petite restauration dans la plus parfaite confusion des genres.
La tentation d'utiliser cette "ficelle" - au demeurant énorme - s'explique par les contraintes juridiques pesant sur le site et le soucis de donner un vernis juridique à ce projet, ce que confirme, de manière stupéfiante, les propos tenus publiquement lors de cette réunion.
En effet, en application de l'article L 146-4 III du code de l'urbanisme :
"En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux pour les plans d'eau intérieurs désignés à l'article 2 de la loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 précitée."
"Cette interdiction ne s'applique pas aux constructions ou installations nécessaires à des services publics ou à des activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau.
"Leur réalisation est toutefois soumise à enquête publique suivant les modalités de la loi n° 83-630 du 12 juillet 1983 relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l'environnement."
Un poste de secours est évidemment un équipement qui nécessite a priori la proximité immédiate de l'eau et qui est susceptible d'être autorisé sous forme d'équipement léger démontable en espace remarquable.
Cependant, la commune de Sainte-Marie de Ré (toutes tendances politiques confondues et municipalités successives) est particulièrement disqualifiée pour évoquer la question des postes de secours.
En effet, La commune (mandat de M. GAUCHER) a fait construire par le passé un
poste de secours à Montamer (plage de La Noue). Cette localisation était judicieuse à un endroit autrement mieux aménagé et plus fréquenté par les baigneurs que la plage des Grenettes.
Pour autant,
la commune n'a jamais armé ce poste de secours en personnel et matériel et ne compterait manifestement pas le faire davantage aux Grenettes, à en croire les déclarations sidérantes des élus maritais.
Pour la petite histoire, ce "poste de secours" de Montamer a servi de local à l'association d'insertion La Verdinière, avant de devenir, in fine, la Cabane de Marie.




C'est la raison pour laquelle, j'ai signé cette pétition tendant à s'opposer à ce projet et je ne peux que suggérer à Mme le Maire et son conseil de ne pas s'engager plus avant dans cette démarche de "cabanisation" du site des Grenettes, sauf à vouloir absolument que l'horizon se charge de gros nuages contentieux.
La municipalité doit savoir en effet à quoi peut conduire l'inexactitude des motifs d'une décision administrative qui encourt ainsi la censure de la juridiction administrative, si, par impossible, la commune de Sainte-Marie venait à persister dans cette mauvaise direction.
Indépendamment de ces considérations juridiques, ce projet non concerté qui méprise le plus grand nombre au profit d'intérêts particuliers très limités est en train d'exaspérer de nombreux jeunes, surfeurs épris de nature sauvage et de liberté.
Couloir durcir le site, cabaniser le littoral (site classé et protégé au titre des espaces remarquables par la loi littoral, le SCOT et le PLU de la commune) sous couvert de motifs inexacts, n'est pas seulement une illégalité. C'est une erreur politique, une faute à l'égard de ces jeunes et un bien mauvais exemple.
Edition du 4 novembre 2009 :
Quelques informations complémentaires relatives à ce projet :
- Zone NDr (espace naturel remarquable au sens de la loi littoral)
- Site classé
- Bande littoral des 100 m inconstructible - espace non urbanisé.
- 35 m2 - de bâtiments démontables (démontables ne signifie pas qu'ils seront démontés)
- Le projet baptisé fallacieusement poste de secours (procédé inacceptable) comporte : sanitaires, douche, local de réunion pour "les surfeurs" en fait c'est un projet d'école de surf avec petite restauration (allons-y pour les paillotes tant qu'on y est)
- La commission des sites n'est pas saisie. Sa consultation est obligatoire
- Une extension des réseaux est nécessaire (idem)
- D'autre part, la commune souhaite consolider le parking (situation de fait) se trouvant sur la partie des dunes remblayée.
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- J'invite le syndicat d'assainissement Ré-Sud à ne pas s'engager imprudemment dans des travaux de réseaux sans autorisation préalable de l'État en espace remarquable.
- J'appelle les associations de protection de l'île de Ré à réagir vigoureusement contre ce projet et la tentation sidérante de contourner la loi littoral en arguant de motifs inexacts.
- J'invite M. Léon Gendre, Conseiller Général, membre de la commission des sites, à prendre position et à intervenir pour ramener les élus maritais au respect de la loi.
- J'invite les inspecteurs des sites de la DIREN à Poitiers à prendre connaissance de tous les tenants et aboutissants de cette affaire et à promouvoir une reconquête de l'espace naturel d'arrière plage.
- Je soutiens sans réserve l'opposition des surfeurs qui ne souhaitent pas voir d'aménagements supplémentaires sur le site.
IL IMPORTE DE PRÉSERVER, PARTOUT OÙ C'EST ENCORE POSSIBLE, LE CARACTÈRE NATUREL DES SITES LITTORAUX ET D'Y PROSCRIRE TOUT AMÉNAGEMENT, A FORTIORI A CARACTÈRE COMMERCIAL.
Edition du 5 novembre 2009 :
Quelques informations complémentaires relatives à ce projet :
La mobilisation prend de l'ampleur :
Associations de protection de l'environnement, élus, autorités, administrations concernées, sont informés ou en voit de l'être des tenants et aboutissants de cette affaire.
Cette affaire va vite devenir un casse-tête pour l'exécutif municipal maritais. Il n'en sortira pas grandi c'est certain. Mais après tout on s'en fiche pas mal, pas vrai, car le seul but de cette action est qu'il retire son projet. Pour le reste les électeurs maritais jugeront le moment venu. Décidémment, ce premier poste de secours à Montamer connaît bien des vicissitudes…
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La municipalité s'enlise dans son argumentaire avec son projet de "poste de secours" qui n'en est pas un. Elle n'a pas le choix, il lui faut enfumer la Diren, la commission des sites et le préfet pour espérer avoir l'autorisation de l'État. Ça fait quand même beaucoup de monde.
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M. Rémi Cormier (Ré-surf) persiste et signe : il revendique
"des bureaux" pour son association (dans des espaces remarquables de la loi littoral) mais passe sous silence le reste. Il déclare par ailleurs
"travailler avec les élus depuis plus d'un an sur le projet", les surfeurs des Grenettes apprécieront au passage sa discrétion pendant toute cette période de longue maturation du projet.
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Mme le maire :o))
veut rejouer la réunion publique, mais à huis clos pour essayer de rattraper sa communication désastreuse avec une concertation bien tardive. Mais JB, l'initiateur de la pétition, n'est pas invité mais évité.
Édition du 12 novembre 2009 :
L'article du Phare de Ré Touche pas à "mon spot" est
disponible sur le site web du Phare de Ré
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