lundi 15 décembre 2008

Bonne nouvelle pour les plages de Rivedoux

Le département a transporté et déposé, par voie maritime, trente milles mètres cubes de sable provenant de l'île d'Oléron, à La Couarde-sur-Mer, entre les plages du Peu Ragot et de La Pergola qui en ont bien besoin. Ce "rensablement" permet en effet de protéger un temps le pied de dune et de rattraper un peu le profil de la plage qui invariablement est bousculé par les tempêtes. *

Mais quel rapport avec les plages rivedousaises ?

Quelques explications s'imposent.
Suivant le transit littoral, la plage de Sablanceaux à Rivedoux se trouve en aval, à quatorze de kilomètres au sud-est.


Et c'est précisément, suivant cette axe de progression du transit littoral, que les sables déposés à La Couarde auront tôt fait de venir engraisser la plage Sud de Rivedoux d'ici trois à six mois tout au plus avec les tempêtes à venir jusqu'au mois d'avril. Force est de constater en effet que les plages rivedousaises ne se sont jamais aussi bien portées que depuis que les plages couardaises sont régulièrement artificiellement rensablées.

En effet, au début des années 1990, à Rivedoux, une succession de tempêtes avait bousculé la plage et fait reculer le trait de côte. La pérennité des parkings et des espaces naturels d’arrière plage semblait alors compromise. (les photos à suivre ont été prises sur la plage de Sablanceaux à l'automne 1993)


Attention à la marche

recul brutal du trait de côte

enrochement frontal provisoire pour le poste de secours

menace sur les parkings

… et les espaces verts


réapparition de vestiges de guerre (chevaux de frise)

Pour tenter d'y remédier, deux épis avaient ensuite été réalisés, le premier à la pointe de Sablanceaux tout près de l'embarcadère, le second à l'extrémité sud du quartier de La Garenne. Si le premier avait plutôt donné satisfaction, le second n'avait pas été à la hauteur des espérances des ingénieurs (c'est rien de le dire) puisqu'il manqua de peu de faire effondrer l'enrochement linéaire protégeant les maisons imprudemment construites sur la dune. Heureusement, ils finirent par écouter la parole des anciens et les désordres créés par les épis cessèrent une fois ceux-ci revus et corrigés.

Désormais, le retour du sable lié à ces apports et au transit littoral naturel du sable favorise la reconquête spontanée des massifs dunaires par les oyats (photo ci dessous, juillet 2008). Voilà pour le côté pile (le sud en fait).

Plage de Sablanceaux (été 2008)

Côté face, au nord, la pointe de Sablanceaux s'allonge à la vitesse grand V, accélérant ainsi le phénomène naturel de colmatage de la baie du Platin de Rivedoux dont les dunes bordières gagnent inexorablement sur la mer, malgré un courant très fort sur la pointe.

Le platin de Rivedoux (dec. 2008)

Actuellement, sur le Platin différentes activités coexistent plutôt harmonieusement sur l'estran : élevage des huîtres en parcs, activités nautiques (port de Rivedoux et mouillages) et de loisirs (baignade, kite-surf, char à voile, pêche à pied).

Reste que l'évolution des choses appelle certaines interrogations :
  • L'ostréiculture nouvelle, celle des écloseries et des filières, désertera-t-elle l'estran pour investir définitivement les pertuis ?
  • L'avenir du port de Rivedoux peut il être envisagé à long terme ?
  • D'ici un siècle, peut-être moins, le Platin de Rivedoux sera-t-il alors adapté à l'élevage des agneaux de prés salés ?
Si tel était le cas les générations futures, regarderont probablement avec étonnement, les cartes postales d'hier - je veux dire celles d’aujourd’hui - en se disant que le paysage a bien changé par ici.

* 30 000 mètres cubes de sable, cela peut paraître beaucoup mais j'ai vu, en 1989,
en une seule nuit de tempête, la plage Sud de Rivedoux en perdre près de 100 000m3 (soit l'équivalent de 8300 camions) sur un front de un kilomètre de long et de 100 m de large et cette même tempête déplacer de plusieurs mètres des blocs de diorite de plus d'une tonne. Le GIEC 2007 prévoit une élévation du niveau des mers et océan de 20 à 60 cm à l'horizon 2100.

5 Commentaires:

  1. On en apprend tous les jours ! Jusqu'à il y a quelques années, j'ignorais que les plages pouvaient souffrir (à part à cause du pétrole bien sûr)
    J'espère que nous aurons des photos des nouvelles plages !

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  2. Bien sûr que le littoral souffre pendant les tempêtes. Enfin tout dépend de la nature des côtes.
    Mais il est clair que les plages de sable, les dunes en continuité sont particulièrement exposées. Les mouvements de sables sont souvent considérables et peuvent affecter plus ou mois durablement le profil de la plage. A ceci s'ajoute le transit éolien du sable quand il n'est pas fixé par la végétation. A cet égard, le retour de la végétation (cf photo, c'est bien la même plage) est une vraie bonne nouvelle car elle contribue à la formation du stock de sable et à la remontée progressive du niveau de sable sur la plage qui est finalement la meilleure et la plus naturelle des protections. Toute intervention humaine (problématique des épis et enrochements notamment) y est souvent lourde de conséquences.

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  3. Bonjour,
    (ça fait longtemps que je n'étais pas venu !) Je me pose une (bête) question : de combien va monter le niveau de la mer dans les années à venir ? On entend tout et n'importe quoi : 2 cm ou 2 m ?! Si c'est 2 cm certains disent déja que ça modifierait pas mal la côte , alors si c'est 2 m , glou glou ... Ré entière serait sous l'eau ! Anecdote : j'ai revendu la moitié du terrain (héritage familial, à Ré) pour pouvoir garder le reste, hé bien les candidats acheteurs m'ont demandé si je craignais la montée des eaux (sic)Je leur ai dit que moi , je restais de toute façon ! Ils ont quand même acheté le terrain . On sombrera ensemble !

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  4. Bonjour Chris,

    Bien malin qui peut le dire. Il semble quand même que les choses s'accélèrent sur les pôles.
    Je pense que le GIEC raisonne sur l'antériorité selon un schéma linéaire qui n'intègre pas les conséquences de la dégradation et le coup d'accélérateur que cela peut donner.
    Personnellement, je tiens pour plausible l'accident climatique majeur qui résulterait de la libération du carbone dans le permafrost. La génération qui aura 20 ans à l'horizon 2100 va vraiment morfler, je crois.

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  5. du carbone "contenu" dans le permafrost.

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