mardi 26 mai 2009

Ça va pas être possible Marcus

Xavier Darcos veut créer des "brigades de sécurité" à l'intérieur de l'Education nationale, le maire de Nice, Christian Estrosi, veut installer des portiques anti-armes devant les écoles...

Après avoir mis les établissements scolaires complètement "à poil" y compris du point de vue de la surveillance générale des établissements, M. Darcos dresse un rideau de fumée en proposant d'affecter des policiers dans les établissements scolaires et de donner une qualification d'OPJ à certains cadres supérieurs de l'EN, comme s'il était opportun et comme si ces derniers n'avaient que ça à faire, d'ordonner des fouilles ou de dresser des procès verbaux dans le cadre d'enquête de flagrance. C'est du grand guignol… et je pèse mes mots.

M. Estrosi, à l'instar de ce qui existe dans certains lieux sensibles - tribunaux par exemple - verrait bien des portiques de détection anti-armes dans les établissements scolaires de sa ville, y compris les écoles communales. On croit rêver… et je pèse mes mots.

Que dire enfin de l'interpellation d'enfants de 6 et 10 ans à la sortie de l'école de Foirac en Gironde, sinon que, s'agissant d'une suspicion de délit n'impliquant pas la sécurité des personnes, cette mesure est clairement et par principe une procédure inadaptée… là encore, je pèse mes mots. J'ai d'ailleurs personnellement trouvé le directeur de la sécurité publique en Gironde des plus pathétique dans sa façon de persévérer dans l'erreur et dans sa tentative de justification d'une action injustifiable par essence, mais qui en dit cependant assez long sur la crainte révérencieuse qu'inspire le contexte politique actuel à la hiérarchie policière et qui conduit inévitablement aux surenchères les plus imbéciles… et je pèse mes mots. Ceci expliquant probablement cela.

Heureusement il reste encore, dans ce gouvernement, quelqu'un de sérieux qui garde les pieds sur terre et la tête sur les épaules en la personne de Michèle Alliot-Marie. Ses mots sont choisis et nécessairement mesurés, mais c'est un sérieux rappel à l'ordre, dont on s'attendrait plutôt qu'il vienne du premier ministre lui-même. La ministre de l'Intérieur calme le jeu, avant les conclusions de Nicolas Sarkozy, la semaine prochaine. Elle explique au JDD pourquoi ces projets sont "au mieux" impraticables. (Faut-il comprendre qu' "au pire", ils sont totalement farfelus ?). Elle a par ailleurs ouvert une enquête interne après l'affaire de Foirac. Lire son interview au JDD (23 mai 2008) :

Dans ce concert d'idées fumeuses, je ne pouvais évidemment pas être en reste. Alors j'ai décroché mon téléphone et j'ai aussitôt proposé à Nicolas Sarkozy d'instaurer un…

… "délit de sale gueule".


"Tu comprends Nicolas" lui ai-je dit, "on pourrait ainsi reconnaître les mauvais garçons au premier coup d'œil".

Il m'a juste dit, "Euh… là, ça va pas être possible Marcus…"

Je me demande bien pourquoi ?


11 Commentaires:

  1. Tsssssssssss me parais bien irrévérencieux tout cela, mr Marcus, vous passerez me voir dans mon bureau...

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  2. Epineux comme sujet quand on entend parler de profs ou d'élèves poignardés ou autres...

    De ma petite échelle, je vois d'un côté des sales mômes, de l'autre côté l'interdiction désormais paraît-il de flanquer une claque à un gosse, bientôt la punition sera interdite et on parle de parents démissionnaires.

    Ayant élevé mes filles quasi seule, je n'ai pas peur d'affirmer qu'elles se sont prises parfois une bonne baffe ou une bonne fessée et se sont vues infliger des punitions... Il n'aurait plus manqué qu'elles partent au collège ou lycée armées...

    Le résultat est affligeant : études réussies, deux adultes responsables, solidaires et civiques.

    Enfin bref, je n'ai pas trop de solution à proposer et j'ai bondi en entendant parler de cette arrestation insensée...

    Sinon une solution a été trouvée dans le village de mes parents : le panneau "pensez à nous, roulez tout doux", a été remplacé il y a 10 ans par "danger, école".

    Ben oui comme disait les filles "maintenant ils sont armés"...

    Ne me remercie pas pour ce commentaire hautement constructif...

    (Sinon pour le délit de faciès, il n'est pas nouveau...)

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  3. Ton faciés ... il a eu une nouvelle idée de génie ... Le télétravail pour les malades, femmes en congés maternité, les congés parentaux ... A ce rythme gaffe aux congés payés ...

    Dis Marcus, tu crois que là aussi, ça ne va pas être possible ???

    ;-)

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  4. J'avoue que je ne sais pas quoi dire ! J'avais lu l'article dans le blog de l'avocat, http://www.maitre-eolas.fr/2009/05/22/1419-delinquant-ne-et-suspect-den-etre-capable-lenfant
    On vit une drôle d'époque mon bon monsieur !
    Pas d'accord non plus avec Calpurnia, certes les profs poignardés c'est révoltant, mais la "bonne baffe" ben non, pas d'accord, moi je suis anti baffe, et je suis fière quand même de ce que j'ai fait de mes filles !
    La répression n'est certes pas la solution, où est la solution ?

    J'avais apprécié l'initiative de ma ville "stages pour aider les parents à élever leurs enfants".
    Car oui certains parents sont démunis, perdus, des émissions comme Super Nanny le prouvent !
    Et je ne les juge pas, les enfants d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec les enfants modèles que nous étions ! Et tous les parents ne sont pas égaux dans la vie.

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  5. Gilsoub : Je ne respecte que les gens respectables. Et pour moi clairement, ce lascar n'en fait pas partie.

    Calpurnia : Tu parles d'éducation. J'évoque les dérives d'une tentation sécuritaire à visée électorale, qui est au demeurant un lièvre facile pour faire courir tout le monde derrière et perdre de vue l'essentiel, à savoir la crise et ses conséquences économiques et sociales. Et je salue au passage le sens de la mesure de Michèle Alliot-Marie.

    Babou : J'ai vu ça. Tu sais ce que disait audiard : "les cons osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît."
    Ce type est la carricature mais en moins drôle d'une série TV anglaise intitulée The New Statesman.
    En tout cas s'il n'est pas responsable de la gueule qu'il a, il est responsable de la gueule qu'il fait.

    Louisianne : ne t'empresse pas de courir derrière le lièvre. :o)

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  6. C'est pitoyable, affligeant, triste et je pèse mes mots...Ce gouvernement ne gouverne plus rien, il tape avant de réfléchir...
    Et pourtant il m'est arrivé de donner une fessée, pas bonne, parce que la fessée est pour moi un echec, l'aboutissement de la colère, un geste de fatigue et de lassitude d'énervement extrème..le dernier recours.
    La police à l'école? c'est incroyable de pouvoir penser un truc pareil! laisser la force ou la violence prendre le pas sur la réflexion, la discussion?
    Contre un policier je préconise 5 pions, au moins ils parlent, eux.
    Enfin bref..c'est affligeant.

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  7. Louisianne : attention, mes filles n'ont jamais été rouées de coups (!), mais des faits très marquants ont été sanctionnés par claque sur la fesse en général... La solution idéale n'existe pas hélas quand on se retrouve tout à coup débordée mais ne voulant pas laisser s'installer une dérive possible... Et j'ai connu des copines des filles maltraitées moralement pour des broutilles, ce qui me semble autrement plus grave.

    Marcus : la tentation sécuritaire à visée électorale a déjà donné ses preuves... Effectivement, plus on parlera sécurité, et plus on tentera de masquer la crise...

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  8. Tu imagines quand j'ai entendu Floirac, j'ai cru qu'il s'agissait de l'école de mon fils !!
    Je me suis dis "et allez, ça continue, entre les mômes qui se font frapper à la gare et ceux qu'on vient chercher à l'école", les flics font du grand n'importe quoi. On s'en fout de traumatiser un môme de 6 ans, qui monte dans leur voiture sans les parents je suppose, et qui doit faire face aux enfants quand il revient à l'école. Y'a des baffes qui se perdent.....

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  9. Figure-toi que j'y ai pensé. L'enquête administrative dira ce qu'il s'est passé précisément.
    Je ne pense pas que l'on doive dire les flics. Je pense que le climat ambiant y est pour beaucoup et favorise les excès de zèle.

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  10. La faute au nom du village: ce n'est, sans doute, pas pour rien qu'il s'appelle Foirac. Quant au mauvais garçon, il est vrai que celui-là devrait se faire fouiller de tamps à autre. Avec son air de chien battu.

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  11. oui c'est un lièvre électoral, n'empêche qu'ils vont nous le faire! et que çà m'énerveeuuu.
    Quand je pense qu'on a fait des courriers etc ... pour obtenir des surveillants , qu'on a eu un NON ferme et définitif pour toute réponse, et que maintenant on nous parle de policiers, de caméras (ah pour çà on a eu le budget, çà a bien du couter autant qu'un pion mais c'est un "détail" surement) ... bref nous sommes toujours avec nos 9 surveillants pour 950 élèves.... on a beau jeu après de dire que les écoles sont violentes, y a personne qui a du temps pour s'occuper de régler les problèmes avant que çà ne dégénère.
    et les interventions annoncées à grand renfort de dramatisation ... un moment j'ai cru qu'on était en guerre civile dis donc, çà n'est pas non plus une provoc? (chépa moi, je prévois des interventions d'evergure, je ne les annonce pas en conf de presse) ... manque plus qu'un petit papy Boise et il nous refait le scénario de l'élection présidentielle.


    quant au pitbull, rien que de le voir en photo çà réveille mon ulcère.

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