
On l'attendait, on l'espérait pour éviter l'envahissement programmé de l'île de Ré au 1er janvier 2012, avec le terme du péage. Et bien c'est fait - Merci Dominique Bussereau - un peu plus de deux ans avant l'échéance. Cette modification de la loi pourra s'appliquer également aux îles d'Oléron et de Noirmoutiers.
L'Assemblée Nationale a en effet décidé, le 22 septembre 2009, de modifier l'encadrement du montant de "l'écotaxe" prévue au code de l'environnement. En 1995, son montant maximum avait été fixé à 20 F par véhicule (3,05 €) .
Désormais, "Le montant du droit de passage est au plus égal au produit d’un montant forfaitaire de 20 € par un coefficient, compris entre 0,2 et 3, en fonction de la classe du véhicule déterminée d’après sa silhouette, appréciée en tenant compte, s’il y a lieu, de la présence d’une remorque tractée et de ses caractéristiques techniques."
Il sera possible de moduler ce droit de passage suivant les périodes les catégories de véhicules et d'accorder la gratuité pour certaines catégories d'usagers (comprendre les insulaires évidemment).
Cet modification de la loi Barnier de 1995 résulte d'un amendement gouvernemental au projet de loi relatif à l’organisation et à la régulation des transports ferroviaires et portant diverses dispositions relatives aux transports approuvé par l'Assemblée Nationale le 22 septembre 2009. Cette toute dernière phrase a la plus grande importance car elle mettra certainement cet amendement à l'abri de la censure du conseil constitutionnel, si d'aventure il en était saisi.
Le nouveau régime juridique de "l'écotaxe" est applicable dès le 1er janvier 2010.
Droite et gauche unies dans cette affaire, c'est "le Parti des Charentais-Maritimes" qui a gagné.
Voici le compte rendu de cette séance historique :
L'Assemblée Nationale a en effet décidé, le 22 septembre 2009, de modifier l'encadrement du montant de "l'écotaxe" prévue au code de l'environnement. En 1995, son montant maximum avait été fixé à 20 F par véhicule (3,05 €) .
Désormais, "Le montant du droit de passage est au plus égal au produit d’un montant forfaitaire de 20 € par un coefficient, compris entre 0,2 et 3, en fonction de la classe du véhicule déterminée d’après sa silhouette, appréciée en tenant compte, s’il y a lieu, de la présence d’une remorque tractée et de ses caractéristiques techniques."
Il sera possible de moduler ce droit de passage suivant les périodes les catégories de véhicules et d'accorder la gratuité pour certaines catégories d'usagers (comprendre les insulaires évidemment).
Cet modification de la loi Barnier de 1995 résulte d'un amendement gouvernemental au projet de loi relatif à l’organisation et à la régulation des transports ferroviaires et portant diverses dispositions relatives aux transports approuvé par l'Assemblée Nationale le 22 septembre 2009. Cette toute dernière phrase a la plus grande importance car elle mettra certainement cet amendement à l'abri de la censure du conseil constitutionnel, si d'aventure il en était saisi.
Le nouveau régime juridique de "l'écotaxe" est applicable dès le 1er janvier 2010.
Droite et gauche unies dans cette affaire, c'est "le Parti des Charentais-Maritimes" qui a gagné.
Voici le compte rendu de cette séance historique :
Après l’article 23 ter
M. le président. Je suis saisi d’un amendement n° 123, portant article additionnel après l’article 23 ter, lequel amendement fait l’objet d’un sous-amendement n° 141.
La parole est à M. le secrétaire d’État, pour soutenir l’amendement n° 123.
M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État. J’ai quelque scrupule à présenter cet amendement. Il concerne les ponts de nos îles – je pense en particulier à l’île de Ré, située dans la circonscription de M. Bono. La fin des remboursements des prêts pour construire ces ponts entraînera ipso facto la fin des péages. Si l’on ne fait rien, le résultat promet d’être catastrophique en matière environnementale.
Au mois de juin dernier, la commission des affaires économiques a adopté, à l’initiative de M. Léonard, un amendement qui fut écarté au titre de l’article 40 sans que je saisisse très bien pourquoi – mais peu importe. L’objectif reste de restreindre la circulation automobile dans les îles reliées au continent par un ouvrage d’art, grâce à un système d’écotaxe qui permettra de protéger l’environnement et dont le produit sera consacré au développement de transports collectifs propres. Cette disposition agrée aux élus de toutes les sensibilités politiques et aux associations concernées.
Certaines de nos îles sont fragiles et si, demain, on y laisse entrer n’importe qui n’importe comment, les conséquences seront terrifiantes. Il ne s’agit pas de procéder à une dissuasion par l’argent, mais de protéger les paysages et de remplacer la circulation automobile – l’île de Ré a commencé à le faire – par des transports collectifs propres.
M. le président. La parole est à Mme Catherine Coutelle, pour soutenir le sous-amendement n° 141.
Mme Catherine Coutelle. Vous avez tout à fait raison, monsieur le secrétaire d’État : il faut anticiper la fin des péages sur les îles, afin d’éviter un afflux de véhicules automobiles. Cela étant, vous ne m’empêcherez pas de penser qu’un péage ou une écotaxe, c’est quand même une dissuasion par l’argent. Mais il est vrai que, pour l’instant, on n’a pas d’autre solution pour diminuer les flux.
Mon collègue Maxime Bono, qui n’a pu être présent ce matin, souhaiterait deux précisions. Votre amendement prévoit que cette écotaxe ne serait pas appliquée pour les transports en commun « fonctionnant avec des véhicules propres ». Son sous-amendement propose de remplacer ces mots par le mot : « publics ». Il y a aujourd’hui des cars qui se rendent sur l’île de Ré. Ce mode de transport est tout de même préférable. Or les cars ne seront pas forcément des véhicules propres dans un avenir proche.
D’autre part, il convient que le produit de l’écotaxe ne serve pas uniquement à la protection de l’environnement de l’île, ce qui est certes une bonne chose, mais aussi à améliorer l’usage de véhicules propres.
Cela dit, nous sommes favorables au principe de cette écotaxe.
M. le président. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement et le sous-amendement ?
M. Yanick Paternotte, rapporteur. Défavorable au sous-amendement, mais favorable à l’amendement, lequel reprend celui qui, présenté par M. Léonard en commission, avait reçu l’assentiment de tous.
M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement sur le sous-amendement ?
M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État. J’ai naturellement évoqué cette question avec votre excellent collègue Maxime Bono, député et maire de La Rochelle.
Il ne s’agit pas, madame Coutelle, d’empêcher les cars qui circulent actuellement, qu’il s’agisse des cars départementaux ou de ceux de la régie de La Rochelle, de pénétrer sur l’île de Ré. Notre objectif est que le mode de transport soit de plus en plus propre : des cars de plus en plus propres, puis des véhicules électriques. Il ne s’agit pas du tout de discriminer les modes de transport existants, mais de lancer un appel : l’avenir, dans ces îles, c’est de ne plus avoir de véhicules polluants, de quelque nature qu’ils soient. Cela ne remettra pas en cause les transports actuels.
Je ne suis pas favorable au sous-amendement – je m’en suis expliqué avec M. Bono –, car l’amendement est un appel à rendre le mode de transport adapté et aussi propre que possible. Mais sur le fond, nous sommes en réalité d’accord.
M. le président. La parole est à M. Charles de Courson.
M. Charles de Courson. Je n’ai pas déposé de sous-amendement, mais peut-être le Gouvernement pourra-t-il répondre à mon interrogation. Le 4° de l’amendement n’est pas très clair. Il est dit que le produit de l’écotaxe est inscrit au budget du département et doit être utilisé pour un certain nombre de choses.
M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État. Pour deux choses !
M. Charles de Courson. Pour deux choses, oui. Mais il n’est pas dit que le département doit tenir un compte. Il faudrait probablement créer un budget annexe, mais ce n’est pas dit. L’amendement prévoit une quasi-affectation, mais sans aller jusqu’au bout de la logique de l’affectation.
Le risque est que les départements perçoivent la taxe et n’utilisent qu’une partie de son produit, le reste se noyant dans le déficit. C’est pourquoi il faudrait affecter ce produit. Le même problème s’est posé dans d’autres domaines.
Le Gouvernement pourrait-il préciser les choses ? Il dit seulement, en effet, que le produit de la taxe est inscrit au budget du département, mais pas dans un budget annexe, qui aurait au moins le mérite de montrer clairement où vont les fonds.
M. le président. La parole est à M. François Pupponi.
M. François Pupponi. Je reviens au sous-amendement. Ce que souhaitait aussi Maxime Bono, c’est que l’on insiste bien sur le transport en commun public. L’amendement prévoit que le produit de l’écotaxe financera le développement des transports en commun « fonctionnant avec des véhicules propres » : cela concerne à la fois le public et le privé. Le sous-amendement manifeste, lui, la volonté de soutenir le transport public.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État.
M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État. Si, pour faire plaisir à M. Pupponi, on ajoute le mot « publics », cela ne me gêne pas. Tous ces transports en commun sont publics, qu’il s’agisse du réseau départemental ou de celui de l’agglomération.
Quant à l’excellente question de M. de Courson, je sais, parce qu’il se trouve que je connais un peu le président du conseil général de la Charente-Maritime (Sourires), que, pour l’instant, l’affectation des sommes actuellement perçues se fait de la manière suivante : 55 % pour le département, 45 % pour la communauté d’agglomération. Ce que reçoit le département, en plus de sa taxe sur les espaces naturels sensibles, est affecté à l’achat de propriétés afin de protéger l’île de Ré. Avec ses 55 %, il mène une politique de rachat d’habitations pour protéger les espaces, en liaison avec le Conservatoire du littoral, dont le siège est situé à Rochefort-sur-Mer, à quelques encablures. Quant aux sommes attribuées à la communauté d’agglomération, elles sont ciblées à la fois sur les espaces sensibles et les transports en commun.
Cet amendement est donc la reprise d’un schéma existant : d’ores et déjà, l’écotaxe, qui n’est qu’une partie du péage actuel, est affectée à l’achat d’espaces sensibles et au financement des transports en commun.
M. Charles de Courson. Mais il n’y a pas de compte isolé !
M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État. Il n’y a pas de compte isolé, mais c’est une politique traditionnelle en Charente-Maritime. Le conseil général a entamé cette politique d’achat d’espaces depuis déjà une vingtaine d’années, à l’époque du président François Blaizot, que vous connaissez.
(Le sous-amendement n° 141 n’est pas adopté.)
(L’amendement n° 123 est adopté.)


Ouh la la, j'ai rien compris !
RépondreSupprimerOu alors peut être : on mélange tout, le droit de passage et l'éco taxe ? Au final ça donne quoi ? Plus cher, moins cher ?
Et pourquoi on parle de Noirmoutiers alors qu'on ne paye plus le pont depuis longtemps ? Ils vont repayer alors !
Je devrais pourtant être habituée à lire des texte indigestes !
Comme Louisianne, je n'ai pas tout bien compris !
RépondreSupprimerSauf que comme d'habitude, on devrait payer plus...
C'est ça ?
alors pour les habitantsde l ile ? ils n auront pas à payer au moins , ou peu ?
RépondreSupprimerSinon si cette taxe permet de proteger l ile OK
Ce qui est surtout très important dans ce cas c est l opinion des habitant de l ile . Quel est il ?
Lors de la construction du pont de Ré en 1988, la loi prévoyait qu'un péage pouvait être institué pour assurer le remboursement des emprunts contractés pour la réalisation de l'ouvrage et de ses voies d'accès. La gratuité du pont aurait du intervenir en 2003, mais le département avait renégocié ses emprunts pour rééchelonner sa dette ce qui avait permis de prolonger le péage jusqu'au 31/12/2011.
RépondreSupprimerLe péage devait donc être supprimé dès le 1/1/2012. Ce qui s'était d'ailleurs produit auparavant pour les îles d'Oléron et de Noirmoutiers avec les conséquence que l'on connaît.
En 1995, la loi à institué une "écotaxe" (droit de passage sur les véhicules limité au maximumn à 20 F) destinée à financer des actions de protection de l'environnement.
Mais ce montant plafonné par la loi n'aurait pas été suffisamment dissuasif pour éviter des flux automobiles massifs (entrants et sortants).
Les élus de l'île de Ré et du département de la Charente-Maritime ont souhaité le déplafonnement de "l'écotaxe" ou, à tout le moins un relèvement du plafond actuel.
C'est ce que l'Assemblée Nationale vient précisément de voter le 22 septembre. Ainsi au terme du péage, c'est l'écotaxe qui prendra le relais sans doute sur les mêmes bases que la grille tarifaire actuelle. soit, pour une VL : 9 € en tarif hivernal / 16,50 € tarif estival.
Pour répondre à Lénia : les insulaires bénéficient de la gratuité depuis 1984. Il en ira de même avec l'écotaxe désormais déplafonnée.
Et effectivement, s'agissant d'un produit financier dédié à la protection de l'environnement, cela permet aux collectivités territoriales d'œuvrer en ce sens, notamment en achetant des terrains situés en espace naturel sensible, ce qui constitue la meilleure des protections.
Autre avantage, le maintien des emplois liés à l'exploitation des ponts.
Je pense que nous reverrons prochainement (peut-être pas dès 2010 car il faudrait reconstruire une gare de péage) un péage pour les îles d'Oléron, et pourquoi pas également de Noirmoutiers.
Marcus : "les insulaires bénéficient de la gratuité depuis 1984. Il en ira de même avec l'écotaxe désormais déplafonnée"
RépondreSupprimerT'es sur de ton coup là ?
Au temps pour moi Nico : les insulaires bénéficient de la gratuité depuis 2004.
RépondreSupprimerPour ce qui est de l'exonération de l'écotaxe s'agissant des insulaires, c'est déjà le cas actuellement et il n'y a aucune raison que cela change. En tout cas, je n'imagine pas le Conseil Général décider de revenir en arrière.
Oui je suis d'accord avec toi !! Et puis si on devait re payer, je serai dans les premiers à aller bloquer le pont ;-)
RépondreSupprimerCependant j'ai déja entendu des élus dirent qu'ils seraient logique que les rétais payent aussi l'écotaxe !!
Léon, sans doute ?
RépondreSupprimerIl est beau ce pont. Il faudra que je vienne un jour...
RépondreSupprimerBonne nuit !!!
Et si tu viens à vélo, tu ne paieras pas le péage. :o)
RépondreSupprimer"envahissement programmé de l'île de Ré" Arrêtez d'avoir peur des envahisseurs! Ouvrez vous au monde. Sous prétexte de préserver l'île vous voulez surtout préserver ce lieu de villégiature pour riche. L'ile de Ré fait parti du territoire français, il est scandaleux d'y mettre un péage. L'île d'Oléron n'a pas été dévastée lorsque le pont est devenu gratuit.
RépondreSupprimerTout le monde sortira gagnant de l'ouverture de l'ile de Ré au plus grand nombre. Toutes les projections des conséquences désastreuse de la gratuité du pont ne sont que le fruit de la peur de l'inconnu. La peur des autres n'a jamais rien apporté de bon.
@ insulaire : C'est votre point de vue !
RépondreSupprimerAutant que je vous dise de suite qu'il n'est pas partagé par la très large majorité des habitants et résidents de Ré dont je fais partie.
Par ailleurs, votre affirmation concernant l'île d'Oléron est démentie par nombre de ses élus à commencer par M. Parent, le conseiller général du Château d'Oléron.
Enfin, sur le cliché "lieu de villégiature pour riche". Si c'est une tendance récente qui ne peut être ignorée, elle n'est pas représentative de la sociologie réelle de l'île et ne doit pas conduire à occulter la présence de nombreux retraités et actifs, installés avant la construction du pont et qui ne sont pas davantage fortunés que les continentaux.
Les élus de la CDC, dans le cadre de la toute nouvelle compétence logement, s'attachent à remédier à la problématique du logement social.