samedi 31 janvier 2009

Quizz

Une petite image vue du ciel :


Indices : Dans la capitale, plus de 300 mètres, moins de 5000 tonnes.

Je suis… La tour de Tokyo.



La tour fait 332,6 mètres de haut (soit 8,6 mètres de plus que la tour Eiffel, qui en mesure 324 avec son antenne) ce qui en fait l'une des plus hautes tours en métal du monde . La tour ne pèse que 4000 tonnes, ce qui est bien moins que les 7300 de la tour Eiffel et a été ouverte au public en 1958. Ceci étant dit, la filiation avec l'œuvre de Gustave Eiffel est évidente.

vendredi 30 janvier 2009

Cette fois…

Il est vraiment parti… s'éclater au Sénégal.



Que de souvenirs les amis…

jeudi 29 janvier 2009

Missing in action - Porté disparu - fin

Après avoir passé la moitié de la nuit dans les bois, j'ai été accueilli et réconforté par de braves gens. Mais comme je ne veux pas abuser de leur hospitalité, je fais appeler "polize-zecours".

C'est madame qui téléphone. Une demi-heure plus tard une Ford Granada de la Polizei arrive devant leur maison. Les deux flics qui en descendent roulent un peu les mécaniques, belle bagnole, jolis blousons verts, un rien goguenards et condescendants en me voyant. Ils ne parlent pas non plus le français. Décidément, c'est à croire que dans le monde, il y a de plus en plus d'étrangers ! Je commence à leur expliquer que je suis un soldat français, comment dire… égaré ! Ils m'arrêtent net dans mon élan en me disant un truc en allemand que je devine plus que je ne comprends, du style : "JA, JA, nous savons, Madame a déjà tout raconté au téléphone". Et ils m'embarquent gentiment avec eux. Je remercie mes hôtes. Dans la précipitation, je n'ai même pas songé à prendre leur nom ni celui de ce hameau… Quel andouille je fais ! J'aurais tant voulu revoir ces gens, leur exprimer ma gratitude en d'autres circonstances.

Nous roulons un bon moment et je ne sais pas où je vais. A dire vrai, je m'en fiche un peu car je m'endors déjà sur la banquette arrière de la voiture, comme le gamin exténué que je suis encore à dix-huit ans. Au poste de police, où ils ont les moyens de me faire parler, il ne sera pas nécessaire d'en arriver à ces extrémités car il me tarde d'en finir. J'avoue spontanément l'assassinat d'un poulet allemand tué la veille à coups de crosse et carbonisé à la broche. ;o) Je leur dit surtout qui je suis et de quelle unité je fais partie en griffonnant mon nom sur un papier et celui du régiment : le 42e RIMECA à Wittlich. Les policiers passent des coups de fils, ça dure un bon moment. J'ai la désagréable impression que tout l'État-Major du IIe Corps d'Armée va être réveillé. Puis ils me font comprendre qu'ils vont me garder avec eux cette nuit : "Demain… nous ramener vous. Verstehen Sie ?" Et comment que j'ai compris. Je m'endors confortablement dans un fauteuil, mais j'aurais dormi tout pareil sur un tas de cailloux.

Au petit matin, d'autres flics me réveillent et m'offrent du café. Ils m'invitent à remonter dans la voiture. Dire que Derrick vient de commencer à prendre du service et que je ne le sais pas encore. Je ne l'ai pas croisé ce matin-là ! Ils vont me reconduire et ma cavale va bientôt prendre fin. Surprise ! On ne me ramène pas dans une caserne française. La Polizei, ce sont des gars bien, ils assurent le service après-vente jusqu'au bout. On fait un bon bout de route et on retourne dans les bois où les unités se sont regroupées près d'une maison forestière, pour la fin du raid. La scène de mon retour a un petit côté "arrivée devant les marches du palais du festival de Cannes", la mer et le palais en moins. La vedette, c'est moi !

C'est très dérangeant pour le grand timide que je suis car le public est nombreux et j'entrevois bien l'accueil "chaleureux" auquel je vais avoir droit devant tout le monde. La belle voiture de police emprunte une piste bordée de jeeps et autres véhicules militaires de la compagnie d'éclairage de brigade du 9e Chasseur Mécanisé, sensée jouer l'adversaire. Au bout de la route se trouve le campement de mon unité. Chouette ! "J'ai retrouvé la 7ème 3ème compagnie." Il y a là le commandant de compagnie, vent debout, mon chef de section qui s'est fait copieusement enguirlander par le précédent et mes trois camarades qui se sont fait incendier par tout le monde (j'en ai honte pour eux). Quelle injustice pour ces héros qui se sont coltinés toute la nuit mon barda en plus du leur et marché plus de trente bornes pendant que je me faisais inviter chez l'habitant et que j'allais roupiller à la kommandantur Polizei. Cerise sur le gâteau, des officiers supérieurs informés qu'un soldat avait été porté disparu, sont venus spécialement demander à l'encadrement "ce que c'était que ce bordel" (texto). Bref, j'ai mis un sacré bazar et ils sont tous remontés comme des pendules. Les gentils flics, témoins privillégiés de la scène, se fendent vraiment la poire en ramenant "le petit" à la maison.

Les policiers remerciés courtoisement par la hiérarchie et repartis, vient l'heure des comptes pour ma pomme, avec beaucoup moins d'écoute et de cordialité comme vous l'imaginez bien. Je peux enfin raconter ce qui m'est arrivé, non sans me faire agonir à mon tour par mon commandant de compagnie. Vu l'ambiance, pour ne pas en rajouter, je me garde bien d'évoquer cette histoire de chargeur perdu. A chaque jour suffit sa peine. J'ai déjà un plan : j'irai m'arranger avec l'armurier et mes amis Italo-Grenoblois m'en trouveront bien un de rechange, ni vu, ni connu. Il faudra juste que je passe la frontière avec (ce que je ferai d'ailleurs une quinzaine de jours plus tard). Je remercie enfin mes camarades. Ils m'ont maudit toute la nuit jusqu'à la quatrième génération, mais ils se sont quand même fait du mouron pour moi et ça fait chaud au cœur.

Je m'isole bien vite pour me faire oublier (c'est ma technique ninja depuis le lycée chaque fois que le temps se couvre). J'en profite pour ranger mes affaires. C'est là, en ouvrant le sac à dos allégé que j'ai porté toute la nuit, que je me rends compte que le poste radio portatif est demeuré au fond du sac. Mince alors ! J'aurais pu appeler du secours, essayer au moins. C'est ballot, je n'y ai même pas pensé. Si je mérite la palme d'or, c'est bien celle de la connerie. On me décernera seulement la médaille du 5e Centre d'Entraînement Commando, comme à tous les autres. A trente-cinq ans de distance, en la regardant, je ne peux m'empêcher de repenser à tout ça avec beaucoup d'amusement.

Allez musique !

mercredi 28 janvier 2009

Missing in action - Porté disparu 2

Enfin sorti de la forêt, je me retrouve coincé par ce fichu cours d'eau. Le stress et le ras le bol aidant, j'opte pour la solution la plus radicale : je décide de le franchir. C’est avec de l’eau à mi-cuisses que je parviens à gagner l’autre rive. Arrivé sur la berge, je traverse les champs et grimpe un talus plutôt raide. Je suis maintenant sur la route qui longe le village. Ce n'est qu’un hameau rural de quelques maisons seulement. Je ne sais trop que faire quand j'entends un véhicule arriver. C'est la providence qui me l'envoie. Je suis sur le bord de cette route mal éclairée et je fais de grands signes. Le conducteur de la voiture, qui me prend dans ses phares comme un lapin de garenne au sortir d'une longue courbe, me voit au dernier moment. Son véhicule fait un écart et malgré mes gestes d'appel à l'aide, la voiture accélère. Seul au bord de cette route, dans une Allemagne Fédérale qui vit encore dans la psychose de la bande à Baader, je réalise soudain que faire de l’auto-stop en pleine nuit, habillé en treillis, sale comme c'est pas permis, le visage et les mains passés au noir de bouchon, avec un pistolet mitrailleur à la bretelle, ne donnerait pas nécessairement envie aux rares automobilistes de passage de s’arrêter dans ce trou du cul du monde pour s'occuper de mon cas. Quoi qu'il en soit la route n'est guère passante, c'est rien de le dire.

Un peu dépité quand même, j’appelle à l'aide en braillant devant la première maison venue. Un chien aboie, une lumière s’allume à l'étage dans un bâtiment d'habitation au fond d'une cour. Un volet s’entrouve légèrement. Je me signale. Le volet se referme et plus rien ne se passe, hormis le cabot qui continue d'aboyer un moment puis finit par se taire. Je n'insiste pas, mais je me dis alors, au point où j'en suis, qu'il me faudra être plus déterminé pour obtenir de l'aide. Je retente ma chance en sonnant cette fois à la porte d’une maison voisine. C'est un petit pavillon coquet qui tranche singulièrement avec l'austérité des fermes alentour. En écrivant ces lignes, je me revois encore devant la porte d'entrée. Minuit passé… plus près d'une heure du mat… j'ai honte. Je sais bien que ce n'est pas à proprement parler une heure convenable pour rendre une visite imprévue à des gens que l'on ne connaît pas, ni même à ceux que l'on connaît du reste. Au bout d’une minute ou deux, la lumière extérieure s’allume et une dame, la soixantaine, vient entrouvrir la porte d’entrée. Ne parlant pas un traître mot d’allemand, je lui dis bonjour et leur demande pardon du dérangement. Puis j'explique ma situation, j'essaye du moins. Je ne saurai jamais ce qu'elle a compris de mon sabir, mais ce dont je suis certain, c'est qu'elle a tout de suite vu que quelque chose n'allait pas, que je n'étais rien qu'un petit soldat français perdu dans la nature et qu'elle avait déjà pitié de moi. Elle s'adresse à son mari en train de se lever lui aussi : "Das ist ein französischer Soldat" [c’est un soldat français]. L'homme arrive sanglé dans son peignoir, d'un pas lent, traînant ses pantoufles sur le carrelage.

Avec dans le regard beaucoup de compassion et de chaleur humaine, ces braves gens m’invitent à entrer dans la cuisine. Je n'ose pas m'assoir tant je suis crotté de la tête aux pieds. J'ai déjà "salopé" toute leur entrée et je veux ressortir. Ils insistent pourtant. Je dois faire peine à voir car la dame me prépare spontanément un café au lait. Pour la forme, je lui dis que ce n'est pas la peine, mais je suis bien content d'avoir une boisson chaude, si réconfortante, et puis aussi une grosse tartine avec de la confiture. Le monsieur parle un peu français : La France, schön, joli pays, Moi Frankreich, Châteauroux, pendant la guerre. Ach, la guerre… grand malheur !
A qui le dis-tu mon vieux ! Pensais-je en mon for intérieur, tout en faisant le constat navrant que si j'étais fichu de me mettre dans un merdier pareil en temps de paix, je n'ose même pas imaginer ce qu'il en serait en temps de guerre. La guerre justement… Curieux comme pas deux, mon regard est attiré par la photo noir et blanc d'un soldat de la wehrmarcht sur le buffet. Je lui fais un signe pour lui demander si c'était lui. Il me répond "Nein nein, mein Brudermon frère, Stalingrad, pas revenu" (tristesse). Je réalise soudain pourquoi il a tellement aimé la France.

Ces gens sont vraiment merveilleux de gentillesse. J'essaye de leur expliquer ma guerre des boutons à moi. Mais je sens bien que ça va être difficile. Alors je vais au plus court et leur demande, en faisant le geste de téléphoner, s'il leur est possible d'appeler la "Polizei bitte."
"Ach ! Polizei, natürlich." Il dit quelques mots à sa femme, je crois qu'il a parfaitement compris la situation. Pendant qu'elle téléphone, il continue à me parler de la France. A trente ans de distance, mon irruption nocturne dans leur vie a ouvert tout grand la boîte à souvenirs. De mon côté, je me garde bien de lui parler de papa et grand-papa terroristes. Tous deux avaient fait le coup de feu dans le Vercors en juillet 1944. Papa n'avait aucune rancune à l'égard des Allemands en général. Mais il ne pouvait s'empêcher de regarder avec circonspection les touristes allemands de son âge, et ceux plus âgés que lui encore bien davantage. Il ne pouvait s'empêcher de les imaginer un uniforme sur le dos. Un jour il me dit : "regarde comme il se tient celui-là, sûr qu'il était officier." Inconsciemment, je faisais de même avec mon hôte et je ne voyais décidément pas, dans ce brave homme, autre chose qu'un pauvre bougre embarqué en son temps, comme des millions d'autres, dans cette folie qui les avait tous dépassés.

Et ces millions de soldats pensaient probablement à une femme…

…Wie einst Lili Marleen.




(à suivre)

mardi 27 janvier 2009

Missing in action - Porté disparu 1

C’était le deuxième jour du raid de cent kilomètres achevant notre stage commando à Trèves (RFA). Ce raid s’accomplissait en trois jours (et trois nuits plus précisément) sans vivres emportées, sans argent non plus pour nous éviter la tentation d’aller nous ravitailler au premier village rencontré sur notre chemin. Conformément aux instructions, nous marchions plutôt de nuit et nous nous planquions le jour dans la forêt pour échapper à nos poursuivants. Le matin même, avec seulement les indications cartographiques nécessaires, nous avions réussi à trouver dans les bois, une cache à vivre sensée avoir été pourvue par des partisans amis. Nous avions découvert une caisse à demi enterrée, dissimulée par des feuillages. A notre grande surprise, elle contenait des poulets… vivants.

Un débat passionné s’était alors engagé sur le point de savoir si les volatiles auraient ou pas la vie sauve. Il y avait dans la troupe quelques ardents défenseurs de la cause animalière qui avaient plaidés avec talent la cause des innocents. Mais ventre affamé n'a pas d'oreille et dans ce procès inéquitable, leurs arguments n'avaient guère prospéré auprès d'un jury affamé où les intellectuels, il faut bien le dire, n'étaient pas majoritaires. Un scrutin a main levé, plutôt surréaliste au fond des bois, scella le sort des volailles. Condamnées à mort, elles seraient bientôt rôties à la broche. Restait à faire passer de vie à trépas les pauvres bêtes.
Aucun d’entre nous n’était de la campagne. Le massacre des poulets devait intervenir dans des conditions particulièrement atroces sur lesquelles je ne préfère pas trop m’étendre ici, sauf à préciser que je revois et que j’entends encore parfois dans mes cauchemars, l’un d’entre-eux agonisant sous les coups de crosses d’un pistolet-mitrailleur. Pas de quoi saisir le TPI pour crime de guerre me direz-vous ? Certes ! Mais en temps de paix, un comportement d'une telle sauvagerie était plutôt prometteur.
Plumés, vidés et embrochés sur une longue branche taillée au couteau, leur viande, trop jeune, et à la cuisson incertaine, mit à rude épreuve nos maxillaires. Vengeance posthume ? Sans doute.

En fin d'après-midi, je fais partie d’un petit groupe, composé de quatre hommes chargés de faire sauter une passerelle (pour de faux évidemment). L’objectif, bien réel, est situé sur une petite rivière perdue dans une forêt qui fait des méandres au fond d'un thalveg. Tout ce qui pouvait nous surcharger dans notre équipement a été planqué à environ 400 mètres de l’objectif. Avec mes trois camarades, nous allons faire le nécessaire pour le reconnaître et le traiter, en simulant, dans les règles de l'art, sa destruction avec des pains de TNT et des cordeaux détonants factices.
Il avait été convenu que je décrocherai le premier, mais ce fichu relief m'a complètement mis dedans. Au bout d’une demi heure, ne retrouvant pas le point de recueil, le doute commence à m’assaillir. Ne voulant pas passer pour une bille et ne voulant pas davantage ruiner l'exercice en brayant comme un âne, je n’appelle pas à l'aide, essayant de m’en sortir par mes propres moyens pour retrouver mon chemin. Mais rien à faire, plus j’avançais, plus je changeais de direction et plus j’avais le sentiment de m’être bel et bien égaré. Je pensais à mes camarades en train de flipper au point de recueil pour leur caporal “porté disparu”. Comment allaient-ils pouvoir raconter un truc pareil ? La Forêt Noire n'est tout de même pas le triangle des Bermudes.

Mon moral n'était pas très élevé quand, tout à coup, juste avant que le crépuscule ne tombe sur la forêt, j'aperçois une sorte de tour de guet. Je commence à l’escalader pour me repérer. Dépassant la cime des arbres, je me rends compte qu’il n’y a rien d’autre que la forêt à perte de vue dans toutes les directions. Un peu désespéré, le moral en berne j'envoie la manœuvre par dessus les moulins, je tire quelques rafales de pistolet mitrailleur, à blanc évidemment. J'appelle comme un damné… sans aucune réponse.
A ce moment précis, à dix-huit ans, seul comme un con dans la forêt allemande avec la nuit qui tombe, je ne vois pas ma situation sous les meilleurs auspices. Cependant, il faisait beau, il y avait un petit clair de lune et c’était le début de l’été. J’avais donc de la chance dans mon malheur. Une piste forestière passe tout près de la tour de guet, je décide de la suivre. Dans quel sens ? Je choisis d’aller vers l’ouest en me disant que j’éviterai ainsi d’aggraver mon cas, en me retrouvant par inadvertance, en uniforme et en arme, de l'autre côté du rideau de fer. Il en serait bien capable l'animal. Non, je blague, car fort heureusement, celui-ci était hors de portée.

Cette première partie de la nuit est un grand moment de solitude. Je marche jusqu’à minuit passé et j'aperçois enfin les lumières d’un village à travers les arbres. Je ressens alors un grand soulagement bien vite tempéré car il me faut d'abord sortir de la piste et rentrer à nouveau dans le bois pour marcher vers le village. En sortant de la lisière, je trouve une pente assez raide et un fil de clôture que je ne vois pas me fait faire la culbute jusqu'à des fagots de bois en contrebas. C'est là, en chutant violemment, que je perds un des chargeur de mon arme. et je ne le retrouve pas. C'est la totale, quelle chierie ! Le plus ennuyeux reste à venir. Je me trouve maintenant dans un champ et un petit cours d'eau de cinq à six mètres de large me sépare du village situé à cent mètres à peine devant moi.
Que faire ? remonter dans les bois ? Attendre là ? Chercher de nuit une hypothétique passerelle ? Aller trouver du secours au village et pour cela traverser ce fichu cours d’eau ?

(à suivre)

dimanche 25 janvier 2009

samedi 24 janvier 2009

Après la tempête

La tempête a épargné l'île de Ré, mais elle a générée une très forte houle.

Comme à chaque fois, le vent repasse de secteur nord-ouest, et la plage de Sablanceaux est alors la seule praticable pour les surfeurs qui viennent se frotter au shore break de Rivedoux.



Rivedoux-Plage 24/01/09 à 15:00

Quizz 5 4 3 2 1 partez

Mais non, revenez vite au contraire, pour participer à mon petit quizz culinaire.

Dans la cocotte sur le devant de la plaque de cuisson : poitrine fumée et saucisses en provenance directe de la boucherie charcuterie Jargot à Faverges (une très bonne adresse).


Faverges (74) Faverges (39) Faverges de la Tour (38) ?
De quel Faverges s'agit-il ?
A vous de me le dire.














De drôles de saucisses (même provenance) frémissent aussi tout doucement
dans la casserole, sinon elles pourrait éclater et il ne faut pas, c'est pas bien.














Ces saucisses, on les coupera délicatement car on a l'esprit partageur dans la famille.
Au pays de Christina, on les appelle les : _ O _ _ _ _ I _ _ S














Hum, on dirait bien que la cochonnaille est à l'honneur… Mais attention !














C'est là que ça se complique, car ce
moule étudié pour
sort tout droit de l'autre cocotte minute.
Alors il faut tapoter un peu.














Attention ! Compte à rebours :
5, 4, 3, 2, 1…














Démoulage !















Et voila le principal objet du quiz :

Ce plat s'appelle le : _ _ _ _ _ N, ou _ _ _ _ _ _ _ _ T

De source bien informée, il y a des variantes de cette spécialité culinaire très locale et peu connue, réalisée à base de pomme de terre (des bintje de préférence). Avec une petite batavia bien craquante et la charcuterie qui va bien, je ne vous dis pas.

J'inviterais bien Béatrice, mais elle ne peut pas car elle à un quizz aussi ce samedi.

Dans l'œil du cyclone


Sept heures du matin… Jusque là ça va. C'est pour Missrainette ce coup-ci.
A suivre, car on pourrait morfler plus tard dans la journée quoi que Météo France en dise.
Mais les tempêtes sont comme les trains, la première peut parfois en cacher une autre.

vendredi 23 janvier 2009

Vlad - épilogue


Résumons :
Vous faites désormais partie du contre-espionnage, intégré à un dispositif de surveillance mobile d'un fonctionnaire d'ambassade, agissant sous couverture diplomatique et suspecté d'activités de renseignement. Voyons la suite
sous un autre angle si vous le voulez bien, le vôtre s'entend. Votre mission a foiré, celle de Vlad aussi. Enfin, pas vraiment, car il a sauvé l'essentiel : la sécurité de son agent ne sera pas compromise, le contact espéré n'aura pas lieu. Lui le sait déjà, vous pas encore.



On la rejoue depuis la sortie Bistrot.
Tandis que Vlad en sort pour rejoindre sa voiture, le couple s'en va dans la direction opposée. Bras-dessus bras-dessous, les deux amoureux marchent une cinquantaine de mètres et regagnent le "sous-marin" dans lequel trois autres collègues les attendent. Ils ne font pas attention à cet homme à l'attaché-case qui les croise précisément au moment où ils ouvrent la porte du fourgon. Ils vient de réaliser en toute discrétion une série de photos en mode rafale. Il fait plutôt frais cet après-midi. Il y a du café chaud dans un thermos et vous venez d'en prendre juste avant leur retour. Vous quittez le sous-marin et vous êtes récupéré par un autre véhicule. Une moto s'apprête déjà à filer la Mercedes noire qui redémarre. Dans quelques minutes, elle va descendre le boulevard Saint-Michel. A son bord, Vlad suit l'itinéraire qu'il s'est fixé. Il profite de cette balade dans Paris, mais reçoit le signal dans sa voiture… Changement de programme.

Parvenu place Saint-Michel, il emprunte alors les quais rive gauche, depuis le quai des Grands Augustins jusqu'au quai d'Orsay, franchit le pont de la Concorde, traverse la place de la Concorde en direction de la Madeleine par la rue Royale, continue sur la rue Tronchet et finit par se garer dans un parking souterrain, proche du quartier des grands magasins du Boulevard Haussmann. Tout le dispositif a suivi, sauf dans le parking évidemment, où seule une VL s'est engagée prudemment derrière lui. Vlad en ressort à pied et, quelques minutes plus tard, peu après seize heures, il pénètre aux Galeries Lafayette. Ascenseurs, escaliers, des miroirs partout, plusieurs issues et pour courronner le tout, le métro à deux pas. Cet endroit est un vrai cauchemar !

Trois officiers de police le suivent dans le magasin. Vlad accélère son pas et aspire derrière lui les policiers soucieux de ne pas être mis dans le vent. Perdre sa trace maintenant signerait l'échec de leur mission. Sans qu'ils n'y prennent garde, il les a entraînés au beau milieu des sous-vêtements féminins où il s'attarde longuement, semblant porter un intérêt tout particulier aux soutiens-gorge. Mais à cette heure de l'après-midi, c'est un doux euphémisme de dire que les hommes sont habituellement rares dans ce grand rayon de lingerie féminine et, manque de chance, la collègue ne fait plus partie du dispositif. L'engager à nouveau dans une surveillance rapprochée - après celle du bistrot - serait trop risqué. Vlad, rompu à ce genre d'exercice, pourrait la reconnaître. Du coup le piège se referme, c'est bien vu. Après une dizaine de minutes passées à tourner dans le rayon, ces présences masculines sont décidément bien singulières. Vlad décide de siffler la fin de la récréation. Il fait un tour d'horizon, et affiche un large sourire en pointant du doigt les trois jeunes flics, l'un après l'autre. Il les a tous "détronchés".

D'un geste de la main, il leur fait signe de venir le rejoindre. Fin de l'exercice ! Vlad, en fait, n'est pas un véritable officier de renseignement. Le cheveux grisonnant, la cinquantaine passée, cet ancien de la maison connaît toutes les ficelles du métier. Les stagiaires ont été bluffés et se sont bien pris au jeux. Vous aussi peut-être ? Ayant rejoint ensemble tous les participants à l'extérieur du magasin, Vlad invite ses jeunes collègues à aller boire un pot dans un troquet voisin. Le débriefing sera pour plus tard, dans un lieu plus discret. Là il leur expliquera en détail ce qui a "merdé".

"C'est un métier, vous savez", leur dira-t-il…

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La "Mission" de Vlad s'achève sur un demi-échec. La vôtre n'a pas été très concluante non plus. Pour vous racheter, votre nouvelle mission, si vous l'acceptez, sera de trouver le sens des mots marqués en couleur dans le texte, en faisant une recherche ouverte sur le web, contribuant ainsi à enrichir votre glossaire du renseignement. Rassurez-vous pour votre ordinateur, ce blog ne s'auto-détruira pas dans les trente secondes. Enfin, en principe, car avec vos fichus PC truffés de logiciels espions, ni Vlad, ni moi ne pouvons certifier que ça n'arrivera pas un jour prochain.
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Ndlr : Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

mercredi 21 janvier 2009

Vlad - épisode 2


Où en étions-nous déjà ? Ah oui… Dans son parcours de sécurité…



Silence on tourne… Action !


Sa Mercedes noire est prise en filature sur le boulevard Lannes. Vlad fait le tour de Paris par les maréchaux en passant par le sud, bifurque porte de Versailles, descend la rue de Vaugirard puis remonte le boulevard du Montparnasse. Il s'arrête en double file à hauteur d'un kiosque à journaux, met les feux de détresse, descend de son véhicule. Un homme le rejoint devant le kiosque. Prêts pour une séance photo au téléobjectif ? Fausse alerte ! Vlad achète seulement un journal, retourne à sa voiture et poursuit en direction du quartier latin. Là, il gare son véhicule dans une petite rue tranquille. Il marche environ deux cents mètres et rejoint un bistrot situé dans une rue adjacente.

Il y entre et s'installe seul à une table. L'établissement n'est pas très grand, une douzaine de clients tout au plus sont à l'intérieur. Impossible d'avoir un bon angle de vue depuis la rue sans se faire remarquer. Ce n'est sans doute pas là que le contact aura lieu, mais sait-on jamais. Un couple pénètre alors dans le café et s'installe à une autre table, en retrait, hors du champ de vision de Vlad qui a tout juste levé le nez quand ils sont entrés. Il a commandé un café et lit son journal. Mais rien ne se passe. Un quart d’heure plus tard, il replie son journal, appelle le garçon et règle l’addition. Toujours le plus tranquillement du monde, il sort du troquet pour regagner sa voiture.

Il a parcouru une vingtaine de mètres. La rue n'est pas spécialement animée. Le couple sort à son tour du café mais part dans l'autre direction et c'est un autre collègue qui s'y colle. Vlad ne semble pas se préoccuper de savoir s'il est suivi ou pas. Il tourne sur sa droite. Attention ! Juste avant de bifurquer il a du jeter un coup d'œil sur la vitrine du magasin qui fait l'angle juste en face. Par effet de miroir, il a pu voir discrètement toute la rue en enfilade derrière lui. Le filocheur l'a bien compris et continue tout droit pour ne pas être grillé. Pas grave ! Vlad s'approche maintenant de son véhicule également sous surveillance. Il en ouvre la porte, s'installe tranquillement au volant, démarre et se réinsère prudemment dans la circulation. Il met en marche son autoradio et y glisse une cassette de chants patriotiques. Il sait bien que c'est un peu ringard mais il les aime bien, alors il les écoute dans l'auto, mais seulement lorsqu'il est seul. Il circule maintenant sur le boulevard Saint-Michel. Il se dit qu’il a de la chance, Paris est vraiment une ville superbe. La ville lumière est en effet la plus agréable et la plus prestigieuse de ses affectations successives. Il se dit surtout qu’il est tellement mieux ici que dans un bureau vétuste de l'un des nombreux départements de sa centrale, place Dzerjinski. Sans parler de ses débuts, quand il se pelait de froid à garder la frontière dans la région de Mourmansk.

Mais le petit voyant qui se met à clignoter au tableau de bord de son véhicule le ramène soudain à sa mission… Vlad sait bien que ce voyant n'indique pas une baisse de pression d'huile, ni une panne d'alternateur. Ce témoin lumineux n'a rien à voir avec un quelconque dysfonctionnement de son véhicule parfaitement entretenu. Il indique qu'il y a maintenant un doute raisonnable que sa mission ne soit compromise. Vlad sait à quel point le respect des consignes de sécurité est primordial. Il ne prendra pas le risque d'un contact avec son agent qui pourrait mettre celui-ci en danger et ruiner tout le travail d'approche patiemment effectué en amont de son recrutement.
Quant à son agent, il ne s'inquiètera pas outre mesure de s'être fait poser ce "lapin". Il sait que c'est la loi du genre et que c'est dans son propre intérêt.

Temps mort ! Que s'est-il passé ?
Un signal crypté a actionné un petit récepteur, lequel a déclenché à son tour ce voyant. Il a été émis par les grandes antennes de l'ambassade. Là le centre des opérations a évalué le risque et donné l'alerte. Une chandelle présente dans le bistrot ou aux abords immédiats de celui-ci a probablement repéré quelque chose d'anormal. Peut-être bien ce couple entrant et sortant derrière lui ? Vlad c'est un vrai pro, il a bien fait les choses, il avait sans doute des anges gardiens pour veiller sur lui…

Et maintenant ?
Dans la parti de poker menteur qui se joue cet après-midi dans Paris entre le KGB et la DST, Vlad a maintenant un coup d'avance. Il va profiter de son temps libre pour faire quelques courses dans Paris… et balader l'adversaire.
Puis il finira par rentrer à l’ambassade. Dommage pour les policiers qui - si agent il y a - devront saisir une autre occasion pour le loger, l'identifier et enquêter sur lui.
Celui qui en aura le plus appris aujourd'hui, c'est peut-être bien Vlad finalement. Il a pratiquement acquis la certitude que ses activités sont surveillées et il lui faudra, si besoin était, redoubler de prudence et toujours sans jamais rien laisser paraître dans son comportement. Il sait aussi qu'à moyen terme, ses jours dans la capitale sont probablement comptés et c'est bien ce qui l'ennuie le plus.
Plus tard, un collaborateur lui portera une enveloppe. Vlad en sortira des clichés, notamment un agrandissement des deux amoureux sortant du bistrot, également photographiés un peu plus loin, en train de monter par la porte latérale dans un fourgon banalisé. Étrange ! Il sourira en se disant qu'il ne les avait encore jamais vus ces deux-là. Ils viendront rejoindre la longue galerie de portraits dont son service dispose déjà.

Mais nous n'en sommes pas encore là, car de tout cela évidemment, vous qui faites partie du dispositif, vous n'en savez rien encore…

(à suivre)

lundi 19 janvier 2009

Vlad - épisode 1


Services secrets - services discrets. C'est bien là, la moindre des choses.



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"Bien qu'habilité au SECRET DEFENSE, et parce que vous n'avez pas encore le besoin d'en connaître. Je vous révélerai donc ultérieurement la raison des mots en couleur dans le texte, une fois précisé le cadre de votre mission et celle-ci menée à bien."
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C'est drôle de le voir casser des Aston Martin à 170 000 € avec l'argent du contribuable de sa gracieuse majesté et, armé comme un porte-avions, régler ses comptes, sauver la planète et trouver encore le temps de séduire les plus belles femmes du monde, le bougre d'animal. Oui mais voilà, 007 - tel que l'a imaginé son créateur et sans cesse réincarné au cinéma - a beaucoup trop la bling bling attitude pour faire ce métier. Vous vous en doutiez un peu ? C'est bien. Je le note dans votre dossier.

C'est distrayant (éventuellement) mais si loin de la réalité du renseignement (l'espionnage, c'est un gros mot où alors c'est le point de vue de celui qui est espionné qui lui évidemment n'espionne pas mais se renseigne, nuance). Alors évidemment, si Yann Flemming l'avait fait se comporter comme un espion ordinaire, il est probable que ses romans n'auraient pas eu le même succès et n'auraient sans doute jamais été portés à l'écran. Pourtant, John Le Carré qui a vécu cette réalité de l'intérieur des services de renseignement britanniques, en pleine guerre froide, a connu également un très grand succès tout en restant très certainement plus proche de la réalité.

Essayons, si vous le voulez bien, de s'en inspirer pour écrire le scénario et vous placer en situation d'immersion pour un stage d'observation d'une journée ordinaire de la vie d'un espion ordinaire en mission. On l'appellera Vlad par commodité…

I - Plantons le décor.

Vlad sort souvent dans la journée et circule pas mal dans Paris. Après tout, quoi de plus normal, Vlad est chauffeur à l’Ambassade. Sa grande disponibilité apparente, sa liberté de mouvement caractérisée par de nombreuses sorties en solo ont fini par éveiller l'attention du contre-espionnage. Les policiers dont vous faites partie (pour les besoins de ce récit) ont également identifié, dans ses déplacements, des éléments constitutifs de parcours de sécurité des plus professionnels. Tout cela laisse à penser qu’il pourrait bien être un peu plus qu'un simple chauffeur d'ambassade, un officier de renseignement opérant pour le compte de son pays, par exemple. Nanti d’un passeport diplomatique qui lui confère l'immunité des poursuites judiciaires, Vlad ferait ainsi partie du réseau légal en France. Un honorable correspondant avait d'ailleurs laissé entendre qu'il en serait même le résident. A voir… Il n'y a que très rarement de certitudes acquises en la matière. Rares sont ceux qui sont pris la main dans le sac, en allant relever une boîte aux lettres morte par exemple.

Cet après-midi-là, Vlad va être pris en filature car des renseignements provenant d'une source technique indiquent qu’il va avoir un contact avec un agent. Un dispositif de surveillance a été mis en place. Cet agent est-il un agent dormant installé de longue date et disposant à cet effet d'une légende minutieusement construite ? C'est peu probable, mais l'identifier présenterait assurément un grand avantage.

Une petite explication s'impose. Un agent qui agit dans la clandestinité sans couverture diplomatique s'expose à de grands risques. Préalablement à tout contact avec son agent, un officier traitant doit s’assurer qu’il n’est pas sous surveillance. Car ce n'est pas tant le recueil du renseignement qui pose problème que sa transmission à l'officier traitant. Dans certains pays, il en va en effet de la vie de l'agent qui est souvent un ressortissant qui trahit son pays en se mettant au service d'une puissance étrangère. Dans les pays les plus démocratiques, l'agent encourt de très lourdes peines de prison. Toute la difficulté de l'exercice tient au fait que l'officier traitant doit s'en assurer tout en se gardant bien d'attirer l'attention sur lui par une attitude suspecte qui le démasquerait dans ses activités illicites. A cet égard, Vlad, c'est avant tout "l'anti James Bond". Vous me suivez ? Alors OK, allons-y

Ce jour-là, dans son parcours de sécurité…

(à suivre)


dimanche 18 janvier 2009

Dimanche c'est cinéma


Pauvre Aldo, à 74 ans, il doit se sentir bien seul aujourd'hui.
Jacques, Lino, Charles… partis. Heureusement il reste encore Charlot.

samedi 17 janvier 2009

Quizz Spécial Calpurnia

"Spécial Calpurnia" En disant cela, je lui donne un avantage certain, sur son terrain de prédilection, c'est clair. Et vous voilà, du coup, avec un sérieux handicap sur Calpurnia qui est par ailleurs habituellement redoutable sur ce terrain-là. Mais vous vous efforcerez, j'en suis sûr de prendre notre Gentille Sorcière de vitesse… Comment ?


1 - En identifiant ce lieu (cet objet) mythique écrit ci-dessous in english (mythique but not meetic)… quoiqu'aujourd'hui très touristique.

L'objet sur la photo : T H E / _ _ _ _ _ _ S / B _ _ _ _ E

2 - Et en découvrant - comme je l'ai fait moi-même - "l'histoire dans l'Histoire" où il s'agit d'un acteur (British of course) dans le film qui était aussi "Acteur" ce jour-là, où on ne jouait pas.

L'acteur "Acteur" : R _ _ _ _ _ D / _ O _ _

C'est lui : ----->


Je vous raconte le début l'histoire ?
Un jour, en France, tout près d'un château, il y avait une… et un…
Euh non ! c'était pas le jour, c'était la nuit d'abord… Il vaut mieux que je vous laisse chercher finalement.

Bonne chasse !

Et n'oubliez pas le Quizz chez Béa de Marseille.


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EPILOGUE :
J'en étais sûr. Avec Calpurnia sur ce coup-là, ça ne ferait pas un pli.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, la 6e division de parachutiste Britannique investit la région du canal de l'orne, au Nord de Caen. Ce secteur constitue le flanc gauche de la zone du débarquement qui devait se produire quelques heures plus tard sur les plages normandes.
Parmi ses objectifs, tout près du château de Bénouville, se trouve un pont mobile. La prise de cet objectif et sa conservation jusqu'à l'arrivée de la relève terrestre est stratégique pour les alliés afin d'empêcher les renforts allemands de parvenir sur la tête de pont, avec des blindés.
Cet objectif porte le nom de code de Pegasus Bridge. (La légende du cheval aillé était sans doute un clin d'œil aux parachutistes anglais déposés par des planeurs).
L'opération est dirigée par le Major John Howard. Il se trouve que parmi les jeunes officiers présent avec lui pour cette attaque se trouve un certain Richard Todd,qui interprétera 17 ans plus tard, dans le film Le jour le plus long, le rôle du Major Howard. En élaborant ce quizz, j'ai découvert cette histoire dans l'Histoire et je comprends mieux pourquoi il a si magnifiquement joué ce rôle. Le pont a été pris avec un minimum de pertes mais attendre la relève qui arrivera dans la journée du 6 juin avec les commandos de Lord Lovat et son célèbre joueur de cornemuse Bill Millin, se fera aux prix de lourdes pertes chez les paras britanniques.
John Howard est revenu tous les ans sur place pour commémorer ce fait d'arme avec ses camarades.
Le Pegasus Bridge original a été remplacé par un pont du même type à travée levante avec une chaussée plus large et goudronnée et une technologie moderne.
Il était impensable de ne pas conserver le pont d'origine qui fut intégré au musée et se trouve désormais dans un champ à quelques pas de son emplacement original, dans le périmètre (rive droite du canal) où les planeurs anglais se sont posés. On voit d'ailleurs un de ces planeurs Horsa tout à côté.
Photos sur ICI sur Panoramio.

Merci à tous pour votre participation. Chapeau la Sorcière !

vendredi 16 janvier 2009

Sacré Albert

Tout bien considéré, les spams sont comme les spermatozoïdes. Ils giclent par millions mais rares sont ceux qui parviennent au terme de leur voyage. Cette puissante réflexion n'a pas jailli de mon esprit tordu à force de masturbation intellectuelle, mais tout simplement en consultant tardivement mes mails, après que Marcussette ait bien voulu enfin libérer mon imac, indûment squatté toute la soirée. :o(

Et puisque de spams il s'agit, celui ci, particulièrement fécond et vigoureux, a donc réussi à franchir les barrières anti-spams et s'est tout naturellement retrouvé dans ma boîte de réception.

L'élu du jour, m'est adressé par… sahra.pelle. Je vous livre son mail tel quel.

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De : sahra.pelle@gmail.com
Objet : Armoire à Rideaux pour 299.95 € ht
Date : 16 janvier 2009 18:12:38 HNEC
À : "Marcusderé@monmail.fr" ;o)
Répondre à : sahra.pelle@gmail.com

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Pour ne plus reevoir de mail cliquez ici
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Sahra.Pelle… De suite le nom de l'expéditrice m'interpelle. j'aurais préféré Elma Pelle mieux encore, Emma Peel. On peut toujours rêver, et moi de me voir en John Steed à ses côtés.

Une petite enquête s'imposait :














Vous imaginez ma déception, pas de quoi grimper aux rideaux (de l'armoire).

Désolé Sahra Albert, mais je ne t'emmènerai pas faire le tour de l'île dans ma Rolls et je ne t'achèterai pas non plus une armoire à rideau dont je n'ai nul besoin. Allez va, je sais que les temps sont durs pour tout le monde, mais de là à utiliser un faux blase…
Note bien qu'avec ce coup de pub, ton chiffre d'affaire devrait progresser. Tu dois en avoir bien besoin car j'imagine que les armoires à rideaux doivent se vendre aussi facilement que des cercueils à deux place.

Amis lecteurs, si toutefois vous avez besoin d'une armoire à Rideau, appelez Albert de la part de Marcus, et demandez-lui donc des nouvelles Sahra. (Sans rancune Albert.)

La Rochelle aura sa grande course au Large en 2010

Dans sa lettre aux administrés (que je ne suis pas mais néanmoins fidèle lecteur abonné) Maxime BONNO, Député-Maire de La Rochelle et Président de la Communauté d'Agglomération, annonce que la CdA a décidé de confier au Grand Pavois l'organisation d'une grande course autour du monde au départ de La Rochelle, la Velux 5 Océans (qui a changé de nom avec le sponsor) dont le départ aura lieu le 17 octobre 2010 pour un retour en 2011.


Pour la filière des industries nautiques comme le secteur du tourisme et de la restauration, pour La Rochelle d'une façon générale, c’est un très bel événement qui saura conjuguer plaisir, esprit d'aventure et retombées économiques et médiatiques considérables... Comme il le dit lui même, nous en reparlerons.

Et comme d'habitude, l'île de Ré sera aux premières loges pour le départ.

Lire l'histoire de cette course en solitaire
.

mercredi 14 janvier 2009

La Solette

Depuis le temps que Marcussette nous en parlait, nous sommes enfin allé à La Solette. Et si j'en parle, c'est que ce bistrot vaut le détour.

Nous y avons déjeuné mercredi Christina et moi, et nous avons vraiment bien apprécié.


Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas mangé une entrecôte pareille avec des frites maison (j'aurais pu prendre la purée mélangée maison mais comme Christina a banni la frite chez nous, j'en profite dès que j'ai l'occasion ;o)). Chris avait commandé un bar à la plancha qui est arrivé entier dans l'assiette, excellent, cuit juste comme il faut (ce qui n'est pas toujours le cas loin s'en faut même dans les plus grandes maisons ou soi-disant telles). Le beurre blanc qui l'accompagnait était exquis.
En dessert leur crumble est un vrai délice. J'avais pour ma part opté pour le fondant au chocolat.
C'est un sans faute et nous sommes du genre difficile.

La Solette est située à La Rochelle au 11 place de la Fourche, dans le quartier Saint-Nicolas. C'est l'une des places les plus typiques de La Rochelle, au cœur du quartier le plus typique de La Rochelle, situé juste derrière le port et à quelques pas de la gare SNCF. Un immense paulownia est planté au milieu de la place et, dès le printemps, il offre son ombre protectrice aux passants. Le soir le quartier est fréquenté par les étudiants.


L'établissement est tenu par Bruno et Julie. Tous deux font partie de "cette France qui se lève tôt" et qui n'hésite pas non plus à se coucher tard pour travailler. Ils méritent ainsi d'être encouragés. L'établissement est ouvert tous les jours en saison à partir du mois d'avril, de 9:00 à 01:00 - 02:00 les week-ends. Fermé hors saison les dimanches et lundis.

La Solette - Bar bistrot brasserie Tapas.
Carte, formules à 11.00, 16,50 et 18.00 € , Tapas le week-end.

A découvrir, je recommande !

Le galet de Oinkari



Je profite d'une petite éclaircie pour réaliser une petite dédicace vidéo promise à Oinkari et son blog : le vent de la lune. Évidemment, si vous n'avez pas tout suivi, c'est sans doute un peu difficile à comprendre, je le conçois… si tant est qu'il y ait quelque chose à comprendre. :o)

mardi 13 janvier 2009

Passagère clandestine

Avait-elle en tête d'aller faire un tour à la Rochelle ?


Il a suffit de tourner le dos quelques instants pour que Féline en profite pour investir le bagage de Marcussette.

lundi 12 janvier 2009

Insulotropisme rétais

L’attraction du littoral ne se dément pas. C’est un phénomène planétaire. Dans l'hexagone les communes littorales ne représentent que 4% du territoire mais elles accueillent près d'un dixième de la population française. La façade atlantique connaît donc une progression démographique importante et le littoral charentais-maritime n’échappe pas à ce constat.

Sur le continent, les communes riveraines de la mer ont été les premières concernées. Raréfaction de l’espace constructible oblige, c’est désormais en arrière des villes littorales et parfois jusqu’à trente ou quarante kilomètres dans les terres que l’urbanisation progresse maintenant très rapidement, en arc cercles concentriques, au détriment des espaces agricoles. C’est le cas notamment de l’arrière-pays rochelais. Une bombe à retardement !

Sur l’île de Ré, le pont à été mis en service en mai 1988. Après deux années de rétention foncière (1988 à 1990) le rythme des transactions foncières et des constructions s’est emballé. L'attrait de l'île pour y vivre à l'année ne se dément pas. L'expression “insulotropisme rétais” n’est donc pas usurpée. Depuis lors, la population s’est accrue de 4076 habitants permanents (soit l'équivalent de deux gros villages).

La sociologie de l'île a également profondément changé avec l'apport d'une population issue le plus souvent de milieux urbains, et "l'exil" de familles rétaises. L’île de Ré compte officiellement 18051 habitants permanents depuis le 1er janvier 2009, chiffre qui dépasse désormais le pic historique de 17976 habitants atteint en 1831. Mais il s'agissait alors d’une île rurale : agricole, viticole et salicole, aux routes empruntées par des charrettes, dotée de liaisons maritimes aléatoires et bien évidemment sans flux touristiques. L'économie des deux cantons étaient d'ailleurs fortement inégalitaire. Celui de Saint-Martin était alors nettement plus prospère.



Près de quinze ans après la création de la communauté de communes, alors qu'une nouvelle génération d'élus accède au pouvoir et que l'élargissement de ses compétences contribue à une meilleure intégration et perception des enjeux intercommunaux, cette rivalité ancestrale Nord/Sud des deux cantons fondée sur le complexe historique d'un canton d'Ars défavorisé économiquement et géographiquement par rapport à celui de Saint-Martin n’a plus guère de sens désormais, ni politiquement, ni économiquement, précisément à cause de la prépondérance de l'économie touristique qui concerne les deux cantons.

Reste cependant que le déséquilibre démographique Nord/Sud, s'agissant de la population permanente, s’accentue irrémédiablement. La population du canton d'Ars augmente pratiquement deux fois moins vite, allant progressivement d’un ratio 1/3 - 2/3 à un ratio 1/4 - 3/4.


Et ce n’est évidemment pas un hasard si la population permanente de la commune des Portes en Ré qui - comme son nom ne l’indique pas - est la commune la plus éloignée du continent, ne progresse que de 1,36 % en 19 ans ; tandis que celle de Rivedoux-Plage, commune “limitrophe” de La Rochelle, progresse de 93,02 % au cours de la même période. Sainte-Marie-de-Ré, érigée au rang de première commune rétaise par sa population permanente compte désormais 3111 habitants permanents et progresse de 1306 habitants supplémentaires au cours des deux dernières décennies. Ses zones constructibles ne sont pas encore à saturation.

dimanche 11 janvier 2009

Dimanche c'est cinéma

Béatrice reconnaîtra surement les lieux. ;o)

samedi 10 janvier 2009

Quizz lieux célèbres

Cet immeuble parisien (celui aux portes rouges) est situé rive droite, près d'une gare (à moins de 300 mètres) et dans un quartier commercial très animé toute l'année, tout particulièrement pendant les fêtes de fin d'année.


Quel était ce lieu et quelle est son adresse ?
  • Un conseil : Ne cherchez pas avec la banque voisine, elle va vous embrouiller la coquine.
  • Indice 1 : Endroit à la mode, resté ouvert pendant l'occupation.
  • Indice 2 : On en a fait un film
  • Indice 3 : Ce célèbre maréchal d'empire (photo) y a vécu un temps, avant d'aller occuper un palais bien plus prestigieux que cet ancien hôtel particulier (suite sous la photo).
  • Indice 4 : Tout près de la gare Saint-Lazare et des grands magasins du Boulevard Haussmann (edité à 14.45).
  • indice 5 : Dans le 8ème arrondissement - j'ai vérifié pour en être bien sûr car certains donnent cette adresse, à tort, dans l'arrondissement voisin (édité à 16.11).


… Il l'a habité, certes !
Mais ce n'est pas pour cette raison que l'immeuble est célèbre.

Alors, vous dites… ?

Bonne chasse.
A la clé, un très joli site, remarquablement illustré, à découvrir sur le sujet.

>>>Et bien entendu, on ira aussi quizzer avec Bonheur chez
Béatrice,
"l'adorable blogueuse des neiges provençales" de Marseille.

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Bravo à Jean-Marie qui fait le doublé avec le quizz précédent. :o)


122, rue de Provence Paris 8ème. Cet immeuble, situé en plein cœur du 8ème arrondissement de Paris, près la Gare Saint-Lazare et des grands magasins du Boulevard Haussmann, fût, jusqu’à la seconde guerre mondiale, un lieu « à la mode » fréquenté par le « Tout-Paris » de la nuit. Il s’agissait d’une maison close appelée le « One-Two-Two », peut-être alors la plus connue de la capitale. C’est également l’une des plus effrontément luxueuse. Ancien hôtel particulier du Maréchal Murat, il est surélevé de quatre étages par Marcel Jamet (surnommé « Fraisette ») en 1933 : sept étages imposants aux volets blancs toujours clos… Le propriétaire des lieux gère lui-même avec sa compagne, puis épouse, Fabienne… fille d’un inspecteur de la Mondaine (service de police qui contrôlait la clientèle de ces établissements) avant d’être fréquenté assidûment par des officiers de la Wehrmacht entre 1940 et 1944, sous surveillance étroite du contre-espionnage militaire, l’Abwehr. De nombreuses personnalités de l’époque se bousculent aux portes : Raimu, le baron de Reille, Hennessy, Colette, Gould, le Maharadjah de Kapurthala, Jean Gabin, Charlie Chaplin, Marlène Dietrich, Cary Grant, le producteur Warner, Kathrin Hepburn, Humphrey Bogart, Sacha Guitry, Fernandel, Tino Rossi, Edith Piaf, Léopold de Belgique, Randolph Churchill (fils de Winston),… Après sa fermeture en octobre 1946 suite à la loi du 12 avril 1946 - dite loi Marthe Richard - le « ONE TWO TWO » est vendu pour 32 millions de francs au Syndicat patronal des cuirs et peaux de France, qui en reste l’actuel propriétaire. Les meubles furent alors vendus aux enchères. A noter que la plupart des locaux abritant des locaux abritant des maisons closes ont été affectés aux étudiants et aux organisations syndicales. A l’époque, le « ONE TWO TWO » en quelques chiffres :
  • Horaires d’ouvertures de 14H à 05H du matin.
  • 1 seule nuit de fermeture par an : la nuit de Noël.
  • Les Dames vivent à l’extérieur et ont 1 jour de congé par semaine.
  • Elles arrivent vers midi et n’en sortent qu’à la fermeture.
  • Absence injustifiée d’un après-midi : 200 francs d’amende… S’il y a récidive, c’est la porte.
  • A disposition sur place : coiffeur, manucure, pédicure, lingère : 40 employés de personnel auxiliaire.
  • 22 chambres,
  • 10 salons,
  • 12 douches.
  • 60 dames de compagnie en même temps,
  • 200 rendez-vous galants,
  • 300 visiteurs,
  • 150 bouteilles de champagne par jour.
  • Imposable à 67,5 %
Pour en savoir plus, je recommande cet excellent site ( très bien documenté).

A la prochaine.

vendredi 9 janvier 2009

Rivedure - Rivedoux hiver 2008

Je vous présente Rivedure, ou quand Rivedoux rime avec… froidure.

Venant de l'Arctique les bernaches cravant ne sont pas trop dépaysées. C'est déjà ça !
Je précise qu'il ne s'agit pas de neige mais de la glace repoussée par la marée.
Comment ? Ça gèle l'eau de mer ? Oui l'eau de mer gèle à -1,9 °.
Ce soir, c'est déjà tout fondu.



Petit diaporama pour vous. (Images du Platin le 08/01/2009 à 08:45)

Message personnel: Chère Michèle je pense à ton galet, j'ai déjà le scénario en tête mais j'attends le retour du soleil et la fin du vent pour te montrer tout ça en ligne. Enfin dès que les ours polaires seront repartis eux aussi. ;o)

jeudi 8 janvier 2009

Le saut en parachute

Il n’avait encore jamais sauté en parachute. A trente-trois ans, il trouvait que ça lui manquait un peu. Dans son enfance, il avait été impressionné par les récits de l’épopée de la France Libre, lorsque la liberté tombait du ciel et qu’elle brillait comme de l’or. Il tenait vraiment à savoir ce que ça faisait de se retrouver en l’air sous une coupole de toile.

Gamin, il avait bien sauté d’un balcon en s'accrochant à un grand parapluie noir. L’essai n’avait pas été à la hauteur de ses espérances. Par chance, il avait choisi le 1er étage. Par chance il était des plus légers et le parapluie des plus solides, et quand bien même ce dernier s'était tout naturellement retourné, il avait tout de même ralenti un tant soi peu sa chute. Avec seulement une foulure de la cheville et quelques ecchymoses, il s'en était bien tiré.

Quelques deux décennies plus tard, profitant d’un championnat corporatiste de parachutisme à Royan, il avait eu l’opportunité de réaliser une formation accélérée pour faire un saut en solo en ouverture automatique. C’est exactement ce qu’il voulait : sauter seul de l’avion. Avant cela il lui fallait convaincre le médecin agréé par la Fédération Française de Parachutisme de lui délivrer le sésame : le certificat médical d’aptitude obligatoire. Ce n’était pas gagné d'avance. Le toubib avait sacrément tiqué en voyant les grandes cicatrices qui couvraient son corps et ses sourcils se fronçaient au fur et à mesure de l'entretien et de l'énoncé du "palmarès médico-chirurgical". du candidat, mais il s’était finalement laissé convaincre : "OK, pour un saut, mais pas plus !" En fait, il se connaissaient. Tous deux travaillaient pour le même service public. En le raccompagnant à la porte de son cabinet, le toubib ajouta comme un regret : "Vous savez… c’est bien parce que c’est vous". Il le de sa compréhension et prit congé.


Il avait ensuite suivi, comme c'est la règle, une formation théorique. Elle portait notamment sur l’art et la manière de bien passer la porte pour ne pas rester bêtement accroché à l'avion, la posture à adopter pour se stabiliser en vol (ce n'est pas le plus simple), les consignes de sécurité pour utiliser le ventral au cas où (tout en se disant que ça ne serait vraiment pas de bol), et enfin - pour autant que le parachute veuille bien s'ouvrir convenablement - la façon de se recevoir pour ne pas s’aplatir comme une bouse en touchant le sol.

Il s’était maintenant équipé et avait pris place dans un vieux monomoteur Dornier, un vieux taxi allemand hyper bruyant et pour l'occasion chargé à bloc. L’ascension lui semblait bien laborieuse mais elle lui laissait tout le temps nécessaire pour admirer à loisir l’estuaire de la Gironde, le phare de Cordouan, la forêt de La Coubre et les marais tout autour de l’estuaire de la Seudre, le tout sans se faire exploser les tympans par une variation trop brutale de pression atmosphérique.

L'avion avait maintenant atteint l'altitude respectable de 900 mètres. Son tour venu, il s’était assis sur le seuil de la porte non sans avoir vérifié une dernière fois que la SOA de son parachute était bien accrochée à l'avion. Il pensait, sans doute un peu pour conjurer le mauvais sort : "pourvu que ça se passe mieux qu'avec le parapluie de papa". Dans le vide, il sauta sans hésiter en pensant aux héros de son enfance. Il sentit alors son corps lui échapper ayant quelques difficultés à maintenir son assiette à l’horizontal ainsi que la jeune monitrice le lui avait pourtant enseigné. Il avait aussitôt commencé à compter dans sa tête. Au delà des cinq secondes, il savait que ce serait très mauvais signe si rien ne s’était passé. Il serait alors grand temps de se souvenir du plan B et d'appliquer, vite fait bien fait, les consignes d'ouverture manuelle du parachute ventral.

Les cinq secondes s'étaient écoulées et un brusque coup d’arrêt lui avait remué les viscères. Un rapide coup d’œil sous la coupole, comme convenu, pour s’assurer que tout allait bien, finissait de le rassurer sur son sort. Il était maintenant stabilisé et avait même l’impression d’être arrêté. Il écoutait le silence à peine troublé par le bruit du vent relatif crée par sa descente et celui de l’avion virant au loin bien au dessus de lui. C’était magique.

Il effectuait une traction sur l'une des poignée qui actionne les suspentes et commençait un virage à 360 degrés. Le paysage était tout simplement magnifique : “c’est vrai que l’on voit bien d’en haut” se disait-il. Il poursuivait sa descente en regardant l’Océan droit devant lui mais réalisait bien vite qu’il vallait mieux ne pas rester trop longtemps dans cette direction car une route très fréquentée et une zone d’activité l’attendaient par là. Il avait alors fait un quart de tour puis quelques autres manœuvres et avait déjà perdu pas mal d'altitude. En regardant entre ses deux pieds, il réalisait qu’il était maintenant à la verticale d’une cour de ferme et que le sol commençait sérieusement à se rapprocher. Il dirigea son parachute vers le champ voisin bordant la piste, du côté opposé aux hangars de l'aérodrome. Puis il s'était mis debout au vent et enfin, il s'était un peu freiné juste avant de toucher le sol.

Il s’attendait à un choc brutal et l'appréhendait quelque peu. Contre toute attente le premier contact avec le sol fut plus doux et progressif qu’il ne le pensait. Mais cette sensation fut de courte durée. Il retrouva très vite le poids de son corps qui s’accentua soudain alors que ses jambes fléchissaient un peu trop vite, l’entraînant dans un roulé boulé. Il se relevait sans bobo, rassuré et ravi de cette expérience qu’il savait être unique en ce qui le concerne.

Il ramassait maintenant sa toile à grande brassées pour que le vent ne se prenne pas dedans. Il s’en retournait les bras bien embarrassés vers les hangars. En revenant, le long de la piste, il pensait au grand frère de Christina qui lui racontait ses sauts de nuit dans les forêts de Lorraine, pendant son service militaire dans les Dragons parachutistes. Il se disait qu’il serait sûrement fier de lui quand il lui raconterait son premier (et dernier) saut en parachute… ce qu'il n'a évidemment pas manqué de faire en se précipitant sur le téléphone dès son retour.