lundi 30 mars 2009

Fin de journée

Marie, nous laisse entrevoir une fin de journée porteuse d'espérance et clôture cette série décidément bien romantique.

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Fin de journée ! Cette beauté à couper le souffle qui rend les mots inutiles. Ce charme sans cesse renouvelé, immuable, là depuis des siècles et pour longtemps encore. Quel réconfort de penser que tant d’hommes, tant de cœurs, seront encore éblouis, émus, envoûtés.

Pureté de l’instant qui l’emporte dans la magie de ses souvenirs, de ces moments vécus et partagés, de ces bonheurs loin de toute douleur, de tout regret. Elle se nourrit de ces délices, de ces mois, de ces heures de p’tites bulles qu’elle a emmagasinées, ses levers de soleil personnels qui éblouissent son âme et son cœur, le gonflant, le faisant palpiter.

Quelle que soit la situation à ce jour, tout ça ne sera jamais effacé, jamais oublié. Durant ces mois elle a été vivante, elle a fusionné, elle a senti son sang circuler, son cœur battre. A ce jour, elle ne sait pas si elle revivra cette intensité, mais l’avoir touché du doigt, de l’âme, du cœur, la remplit de bien-être.

Fermer les yeux suffit pour décoller, pour voir ses yeux, son sourire, sentir son odeur, sa chaleur, le frôlement de sa main sur sa joue, la force de ses bras qui l’entourent. Encore une souffrance, mais un jour - elle le sait - ce sera apaisé, doux, tendre.

La larme qui coule sur sa joue roule et vient s’écraser sur ce sable. A la prochaine marée, elle sera emportée dans cette immensité.

L’amour de la mer les a réunis, comme l’amour du jazz qu’elle entend dans sa tête et qui correspond tellement à la douceur du décor. Et au fond, là, bien tapi, entouré de tous ces arcs en ciel, réside l’espoir, qu’un jour, le destin les réunira.




NDLR : Erratum - C'est finalement un texte de Gilsoub qui clôturera la série.

dimanche 29 mars 2009

samedi 28 mars 2009

Jésus reviens, ils sont devenus fous !

"Le préservatif ne protège pas du SIDA à 100 %"

… surtout si vous ne le mettez pas là où il faut.

vendredi 27 mars 2009

Revoir Paris

Pour moi ce sera juste 4 heures, le temps d'un tour de piste dans une réunion mortifère où je ne ferai probablement que de la figuration, intelligente. Enfin, je l'espère.
Heureusement, Alain Decaux m'accompagnera dans mes six heures et quelques de TGV. Je ne pouvais pas avoir meilleure compagnie pendant ce voyage.



Petite piqûre de rappel : N'oubliez pas de participer à l'opération foulards bleus initiée par Bénédicte.

mercredi 25 mars 2009

Comme une porte ouverte sur l'océan

C'est un chemin qui mène à la plage en passant entre deux maisons, une porte ouverte sur l'océan.

L'océan… Ah bien sûr, ce n'est tout de même pas le grand large. Cap au sud-est, on toucherait vite le continent, à quelques miles à peine.

La plage de Sablanceaux, à Rivedoux, a été dépolluée des épaves qui l'encombraient depuis juin 1940. Elle est accessible à la baignade à toute marée, il n'y a jamais d'algues et on y est bien à l'abri du vent dominant. C'est un endroit que j'aime bien.

J'y pensais précisément ce dimanche en me promenant en fin d'après-midi en compagnie de Christina et de Marcussette, la grande. Je ne saurais dire pourquoi en fait. Peut-être parce que je me suis souvenu que c'était précisément là, juste au pied de cet escalier, que nous l'emmenions à la plage quand elle était toute petite.

lundi 23 mars 2009

Madame à sa dune monte, pour contempler la mer, au soleil couchant

Coraline (Calpurnia), fait partie de ses femmes qui ne perdent jamais le fil de l'histoire. Le souffle épique de son récit est si fort qu'il vient gonfler les voiles de ces vaisseaux fantômes venus d'un autre temps qui croisent encore parfois, dit-on, tout près de l'île de Ré.

Si si, vous allez lire, et vous en aurez le souffle coupé.

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Madame à sa dune monte, pour contempler la mer, au soleil couchant. Elle ne sait pas ce qu'elle attend. Elle a mis son pantalon moulant, sa veste, et laissé ses cheveux lâchés, même si elle sait que le vent va les mettre en désordre.
Elle ne sait pas ce qu'elle attend. Du fond d'une obscure mémoire, elle revoit les envolées de mouettes et goélands s'annonçant au large pour se révéler être des navires arrivant enfin au port.
Flopées de navires hollandais en groupe, gros bousiers cernés par des frégates bien pourvues en canons, protégeant les marchands lourds et lents.
Navires de diverses nationalités se regroupant pour échapper aux flibustiers.
Navires arrivant enfin à bon port.
Elle guette la voile, celle qu'elle reconnaitra au premier regard. Elle attend son retour.
Il est parti depuis tellement longtemps, qu'elle a eu le temps de mourir dans l'attente.
Dans une autre vie.

Et dans cette vie là, elle attend toujours, sans pouvoir s'en empêcher, en scrutant la mer malgré ce qu'elle sait.
Dans ses veines coulent les sangs mélangés de la belle brune aux cheveux lisses et du corsaire du roi parti depuis deux ans, la laissant grosse d'une petite fille qui maintenant marche, dont son papa pourra être fier sans avoir à faire de comptes saugrenus. Il saura que c'est bien sa fille rien qu'en regardant ses yeux.

Elle le sait, que ce qu'elle attend est contre toute logique, depuis qu'elle a retrouvé les carnets dans le grenier, pieusement laissés à son intention par les femmes d'avant elle.

Un jour la belle a attrapé une mauvaise fièvre, et en est morte, sans pouvoir aller vérifier si les voiles tant attendues se profilaient à l'horizon. Si cela lui avait été possible, elle aurait certainement survécu.
Mais voila, personne n'a voulu laisser la belle à sa dune monter, avec une fièvre pernicieuse.
Et c'est elle qui pousse sa descendance féminine, soir après soir, à scruter l'horizon, en quête de voiles qui n'existent quasiment plus.

Il n'empêche que sachant ceci et cela, qu'à sa dune elle monte, comme toutes celles d'avant, et comme le feront toutes celles d'après.
L'ancêtre morte trop tôt n'a transmis que le souvenir d'une attente, et non celui de sa réalisation. Le corsaire est arrivé trois jours trop tard. Trop tard pour lui, trop tard pour elle, trop tard pour toute une lignée marquée à jamais par l'inspection de l'horizon, soir après soir.
Mais chaque soir, quand elle redescend la dune, elle se dit que ce n'est pas stupide, que ce n'est pas de l'aliénation, de l'illogisme, le n'importe quoi dont on parle tant dans son siècle à elle.

Car on le sait très tôt : la vie n'est qu'attente, et qu'importe donc finalement que ce soit celle d'une autre ?

Du fond de l'attente d'une autre, il y a forcément la sienne. Guetter les voiles du corsaire l'empêche de mettre un nom sur sa propre soif dont elle sait finalement déjà, qu'elle ne pourra jamais l'étancher.

La seule chose pour laquelle elle prie maintenant, c'est que la dune reste bien en place pour l'éternité des femmes devant encore venir après elle.

dimanche 22 mars 2009

vendredi 20 mars 2009

Libido du printemps









Nous plaiderons coupable votre honneur. La "remontée de sève" de mon client est indiscutablement très forte ce printemps. Mais… il a probablement des circonstances atténuantes, après ce très long hiver.


En effet… Le printemps marque le retour du beau temps et la montée des températures. Les corps se dénudent et les hormones s'emballent. La saison serait-elle propice à l'éveil de la libido ? Pourquoi les beaux jours éveillent-ils nos sens ?

Autant de bonnes questions qui appellent
des réponses scientifiques.


Précisément, en rentrant du boulot vendredi, j'écoute RTL Soir.
Nicolas Poincarré reçoit :

Lucy Vincent, neurobiologiste auteure de "La formule du désir"


et Catherine Solano, médecin sexologue, auteure de "Psy, sex and sun".


Et si le pourquoi ne m'a pas échappé, j'apprends grâce à la radio le comment de la chose.

Passionnant !


Cliquez sur le logo de RTL pour voir la fiche
de l'émission et écouter le podcast [durée 08':34"]


C'est le printemps

Alors on va fêter ça en couleur, avec Béatrice, voici ma participation à son concours photo.


Un bon printemps à tous, et en pleine forme pour bien en profiter !


Et puis tant qu'on y est, surtout si vous ne revenez pas d'ici-là, je vous souhaite aussi à suivre : un bon été, un bel automne et un doux hiver qui nous changerait de celui qui vient de se terminer.

PS : cerise sur le gâteau, le 19 mars, dans notre promenade de fin de journée à La Flotte, Chris et moi nous avons vu deux hirondelles. Et si une hirondelle ne fait pas le printemps, deux, ça doit bien le faire, pas vrai.

Enfin, la chanson, c'est une petite dédicace pour toutes ces copines d'adolescence qui, magie du web, refont surface comme par enchantement, parfois du bout du monde comme Joëlle en Austalie, ou Françoise à l'autre bout du pays. Rooooohhh… elles m'ont dit que je n'avais pas changé. :o)) Et moi je les crois bien sûr, et pas seulement parce qu'elles m'ont toujours mené par le bout du nez, non, c'est fini ce temps-là, mais parce que le fait qu'elles se souviennent de moi, qu'elles m'aient recherché, ça réchauffe le cœur comme un rayon de soleil au printemps. Pour vous les filles !

jeudi 19 mars 2009

Vive la grève des info sur France Info


Bonne journée ce jeudi ! Aucune mauvaise nouvelle à la radio.

Un programme musical aux petits oignons sur France Info, une petite annonce pour dire qu'en raison d'un mouvement de grève France Info n'était pas en mesure de diffuser ses bulletins d'information. Et bien vous savez quoi ? Je me suis régalé. Ça ne m'a pas manqué du tout.





Et vous ?


Car enfin voyons les choses en face :
  • Pas d'annonce de licenciements,
  • Point d'entreprise en faillite,
  • plus de hausse des prix ,
  • Plus de guerre ,
  • Aucun crime…
Un sentiment de paix, avec plein de belles musiques.
Vraiment, je vous le dis comme je le pense, une journée sans les info sur France Info, c'est vraiment déstressant.

Tiens c'est simple, en ma qualité de président, je vais suspendre toutes les informations. Il n'y a rien que des mauvaises nouvelles, sauf quand ils sont en grève, et puis de toutes les manières ça ne change rien, ça ne fait qu'inquiéter les gens. C'est dit ! Les gens seront plus heureux et le pays en vaudra mieux.

Lorsque l'enfant paraît, l'épouse disparaît

Les marcussettes ont grandi, loin de la maison elles sont parties.
Leurs week-end ressemblent à des escales techniques avec leur lot de linge sale à laver et à repasser.

Ah quel bonheur la semaine. Enfin, seuls ! :o)))

Mais un petit bonhomme est arrivé tout près d'ici, dans la famille, sur l'île de Ré…




Christina, maternelle comme pas deux, est tombée sous le charme. Alors elle s'est proposée de le garder…

…Sans m'en parler évidemment. ;o)

mardi 17 mars 2009

Lenteur à l'affichage

Edit du 17/04/09 à 21:40 : Le problème est en voie d'amélioration grâce aux mesures techniques de Gilsoub.
Il a passé mon blog au ban d'essai.


Vous avez été quelques-un(e)s, à me signaler des soucis de lenteur d'affichage de mon blog et je vous en remercie.


Certes tout le monde n'est pas égal devant la connexion au réseau, mais quand même, ça m'interpelle. Il y a aussi le problème du cache mémoire du navigateur, vidé ou pas.


Pour palier cet inconvénient, j'ai réduit le nombre de messages en ligne sur la page d'accueil. Il était de 14, je l'ai ramené à 7. J'ai également viré deux vidéos du sidebar.

Merci de bien vouloir me dire si, vous aussi, vous aviez noté ce problème d'affichage et s'il y a désormais, ou pas, une amélioration constatée.

lundi 16 mars 2009

Vue de l’esprit

Gwenola, mine de rien, nous ouvre les yeux sur un problème méconnu.

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Quel bonheur !
Etre ici, respirer cet air pur, iodé, empli de la note forte de l’herbe sèche et salée, traversé par les fulgurances parfumées des fleurs sauvages ! Fermer les yeux, laisser la brise mitigée de soleil pénétrer sa peau. Personne autour. Lever la tête et les bras, lentement, doucement, esquisser peut-être un pas de taï-chi. Non. Sur ce sable-là, c’est un truc à se fouler la cheville . Pas le moment. Idiot de penser ça ! Ce n’est jamais le moment !

Examen dans une semaine !
Ecouter des prof. toute la journée, quelle prise de tête ! Même quand ils paraissent sympa et ont des voix agréables, enfin : supportables ! Agréables, ça, c’est plus rare ! Il y en avait une, notamment : elle pourrait parler de n’importe quel sujet, même débile, même incohérent : sa voix était si musicale et si chaude qu’elle ne se lassait jamais de l’écouter !

Ce n’était pas comme celle de Zoé tout à l’heure en voiture ! Le covoiturage, c’est bien, sauf quand on doit se taper une compagnie insupportable ! Tout ça parce que son Jules lui avait posé un lapin ! Heureusement, ça n’avait pas affecté sa conduite et elle avait accepté en plus de la déposer sur la plage et d’aller faire les courses toute seule ! Remarque : elle se défoulerait sur le Nutella et la brioche vendéenne ! Ce ne serait pas la première fois !

De toutes façons, un Jules, pendant les études, pas la meilleure idée pour bosser d’arrache-pied ! En tous cas, elle, elle évitait, elle n’avait pas de temps à perdre. Diplôme d’abord, choisir un lieu d’exercice ensuite. Et là seulement tomber amoureuse ! Ce serait facile : elle était tellement sensible à ce que la majorité des gens ne perçoit pas ! Elle décryptait bien le langage, les mots bien sûr mais aussi le ton, la musique, la tension, la couleur des voix, mais aussi le souffle, le rythme du souffle et tout à côté, la grâce ou la lourdeur de la démarche, et même la gaieté ou le sérieux qui les englobe…Comment ne pas ressentir tout cela ? Et avec son métier, elle toucherait les peaux… Ca parle bien, une peau !
Elle n’avait pas peur.

En revanche, apprendre que l’association qui permettait qu’elle étudie en plus de ses seuls cours, bref, qu’elle fasse sérieusement ses études, doive trouver d’urgence de nouveaux membres pour continuer à exister, ça, ça la terrifiait ! Crise ? Choix politique ? Elle devrait dorénavant débourser des sommes astronomiques pour ses envois postaux, dès la parution de ce décret si injuste. Atterrant.

Allez ! respirer, chasser ces pensées glaçantes, profiter de la magie du lieu et de l’instant ! La journée avait été bonne, bien remplie, la soirée serait douce et gourmande ! Elle adorait cette intemporalité du crépuscule ! Ah ! La voix de Zoé, joyeuse ! Elle serait là en un éclair : elle courait ! Quelle chance d’avoir une telle amie ! Elle savait être si drôle ! Et elle, elle aimait tellement, tellement rire ! Peut-être parce qu’elle était aveugle ?

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NDLR : Gwenola apporte la précision suivante :
"Cette histoire a une part de vérité : l'association en question est la seule en France à ne travailler QUE sur demande. Jusqu'au 16.01.09, les envois de livres entre aveugles, association et lecteurs bénéficiaient de la franchise du "cécogramme". Ce n'est plus le cas et sa survie est en jeu, sauf si de nouveaux adhérents viennent abonder la trésorerie destinée à payer ces affranchissements.
J'ai été donneuse de voix pendant près de 14 ans pour toutes sortes de documents, certains destinés à des étudiants ou des conférenciers, sûre que le temps passé à lire pour eux servirait aussitôt son objectif : répondre au besoin d'un aveugle."
Tous renseignements sur le site www.eca-aveugles .fr - mails.

dimanche 15 mars 2009

samedi 14 mars 2009

Jean-Loup Dabadie, un magicien des mots









Jean-Loup Dabadie est entré à l'Académie Française.

J'en suis très heureux pour lui. C'est mérité je trouve. Et je ne dis pas ça simplement parce qu'il a lui aussi une maison sur l'île de Ré. Non, si je vous dis cela, c'est qu'il a souvent célébré avec bonheur et talent l'amour des femmes, un thème artisitique quasi obsessionnel depuis la nuit des temps (ainsi que l'atteste par exemple cette sculpture pariétale magdalénienne du Roc aux Sorciers).



Avec infiniment de justesse, de tendresse, de délicatesse et de poésie,il a réussi, sans doute mieux que tout autre, à le décrire dans les paroles des chansons, dans celle-ci tout particulièrement :




Et si je n'envie pas vraiment l'Académicien, je reconnais volontiers envier… le magicien des mots.

vendredi 13 mars 2009

Opération Foulards bleus




Il faut donner de l'écho à cette action. C'est important.
Allez lire de quoi il en retourne chez Bénédicte.
Tout est expliqué :
ICI et ICI.

jeudi 12 mars 2009

Elle l'a pensé si fort…

Tournant dans mes pattes en pleine préparation de bar grillé.

…c'est comme si je l'avais entendue :

"Mais oui, mon bon maître, tu peux partir tranquille…"


"Je vais le garder ton poisson."

lundi 9 mars 2009

Ainsi allait se terminer un voyage

Thôt entrevoit la fin du "voyage". Bouleversant !

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Elle n’avait pas pensé que ça serait aujourd’hui, si tôt, déjà. Bien sûr qu’elle savait devoir accomplir ce geste, mais elle espérait du fond de son cœur que cela n’arrivait qu’aux autres.
C’était donc ici, précisément sur cette plage qu’aurait lieu la dernière rencontre avec celle qui l’avait toujours portée et soutenue, celle qui serait malgré tout, grâce à tout et à cause de tout, sa plus fidèle amie.
Elle avait voulu être là avant les autres, ceux qui, comme elle avaient promis d’être à cet ultime rendez-vous. Elle savait depuis très longtemps le pourquoi de ce lieu mais elle souhaitait s’imprégner de l’histoire entendue, respirer l’air partagé, ressentir tous ces sentiments qui ne lui appartenaient pas, mais qu’elle savait être assez exceptionnels pour avoir traversé le temps, le temps d’une vie.
Cette histoire… Pendant longtemps avec sa sœur, elles s’étaient doucement moquées, sans oser toutefois le dire. Puis elles avaient grandi et avaient fini par comprendre.

Mais, récemment, il y avait eu cette demande formulée d’une voix claire et sans hésitation :
"Vous me promettez, hein ? Ça ne devrait pas vous poser trop de problèmes, c’est facile."
Elle avait raison, il était magnifique cet endroit peuplé de ses souvenirs. Mais, non, ce ne serait pas facile.
Pourtant, elle l’imaginait bien, tellement gaie de pouvoir à nouveau être ici, alors, oui, ils réaliseraient ce dernier vœu pour respecter sa mémoire. Il serait même agréable, dans quelques années, de penser sereinement à elle, arpentant pour toujours ces kilomètres de dunes.
L’air du soir était doux, les mouettes rasaient l’écume en riant, se moquant de toutes les tristes pensées qui traversaient la jeune femme, ne pensant qu’à profiter du léger vent qui leur permettait de se laisser flotter dans le crépuscule.
Cette plage était immense, aussi grande que dans ses souvenirs pourtant lointains, le rivage encore chaud de la journée écoulée sous le soleil de ce mois de septembre.
Elle descendit encore un peu sur le chemin emprunté par les derniers touristes, profitant de cet automne transformé comme souvent en été indien si agréable à l’âme, en sachant que demain, bientôt, elle rentrerait dans la grisaille et le froid des hivers trop rudes de sa région.
Elle s’assit, laissant couler entre ses doigts tous ses petits grains de sable tiède, presque vivants. Son téléphone se mit à vibrer dans sa poche et elle se reprocha de ne pas l’avoir éteint. Le numéro de sa soeur s’afficha sur l’écran et avec un soupir, elle prit la communication. Elle arrivait, accompagnée par les quelques personnes tenues par cet engagement.
Elle savait que cela leur prendrait un peu de temps pour la rejoindre, mais elle n’était pas pressée. Elle savait que lorsqu’ils seraient là, il n’y aurait plus moyen de reculer l’échéance.

Alors, elle emmitoufla son cœur pour souffrir le moins possible, se retourna pour saisir l’urne contenant les cendres de sa mère et attendit…


dimanche 8 mars 2009

samedi 7 mars 2009

Une autre dimension

Vendredi soir, retour de notre escapade saintaise.

Vendredi 18:35 ! Un soleil aveuglant perce sous la couverture nuageuse et inonde d'une lumière chaude et intense la baie du Platin.


En descendant le pont, Christina et moi, nous en prenons plein les yeux. Il faut que je m'arrête sur le parking Nord pour immortaliser (très imparfaitement hélas) ce moment. Sur la dune il commence à pleuvoir. Dans mon dos, la végétation et le pont prennent soudain une couleur singulière, tandis que se forme un arc en ciel allant d'un pertuis à l'autre en formant "un pont sur le pont".

Je remonte dans la voiture. Christina me dit : "C'est un peu comme si on entrait dans une autre dimension, tu ne trouves pas ?"




Je cherche l'allusion…
Je ne trouve rien de mieux à lui répondre que : "c'est pas faux !" C'est le bon truc ça, en présence d'un questionnement, quand on ne sait pas, toujours répondre : "c'est pas faux."
En plus ça la fait marrer, elle est fan de la série TV Kaamelott et c'est un truc à Perceval, chevalier du Pays de Galle, son personnage préféré je crois bien.

vendredi 6 mars 2009

Vous avez dit Thaï ?

Visite présidentielle à Saintes aujourd'hui. Christina m'avait accompagné pour faire quelques emplettes. L'occasion d'une découverte et une rencontre. La première tenant à la seconde, vous allez comprendre.

Ce matin, A la dernière minute, coup de fil à Romy (elle a souvent commenté ici). Je la sollicite pour qu'elle me conseille un bon restaurant Saintais. Sans hésiter, elle me recommande un petit restaurant de cuisine Thaï, qui ne paie pas de mine, le Sukhothaï précisément, au 113 de l'avenue Gambetta. C'est dans le quartier sur la rive droite de la Charente, de l'autre côté du pont Pallissy.


Louée soit-elle !

C'est un délice et je n'ai pas le compliment facile en matière culinaire.
Tout est cuisiné avec des produits frais avec un raffinnement remarquable.
La carte comporte des indices : 1 ou 2 piments, ou pas, pour signaler que le plat est plus ou moins épicé ou pas vraiment. C'est bien vu car la cuisine Thaï, ça peut en théorie vous chauffer les muqueuses bucales.

En théorie. Car ici, le mélange subtil des épices d'une part, et la conjugaison harmonieuse et équilibrée des autres ingrédients, lait de coco, ananas par exemple, atténue singulièrement la violence en bouche de certains épices.

J'avais choisi pour ma part :
  • salade de papaye verte rapée aux crevettes (un classique en Thaïlande)
  • canard émincé au curry rouge
  • Et deux boules de sorbet en dessert
Christina avait opté pour le menu du jour :
  • soupe de poulet et galanga au lait de coco
  • crevettes et légumes du jour sauté à l'huile de sésame
  • salade de fruits frais de saison
  • et un café
Côté prix ? Avec une demi bouteille de San Pellegrino : 45 € le tout, c'est très correct pour des plats que nous avons trouvés tout particulièrement raffinés (et très bien digérés du reste). Il est à noter que l'établissement stipule expressément ne pas utiliser dans sa cuisine de Glutamate de sodium. Ce souci éthique l'honore car cet additif est très fréquemment utilisé dans la restauration comme exhausteur de goût, mais ces effets secondaires sur la santé sont désormais montrés du doigt.

Donc Nous recommandons chaleureusement cet établissement et mille fois merci à Romy de nous avoir mis sur sa piste. (Ouvert du mardi soir au samedi soir).

Je vous aurais tout dit sur cette escapade Saintaise et Thaïlandaise en précisant que Romy et son mari nous ont reçu en leur appartement pour prendre le café (auquel Christina il faut bien le dire est accroché). J'ai bien tenté de convaincre Romy de revenir bloguer, mais l'envie n'y est plus vraiment. Si elle ne le souhaite pas dans l'immédiat, elle ne l'exclut pas non plus dans l'avenir. C'est une bonne nouvelle, car son blog (réessayons pour voir), désormais fermé me plaisait beaucoup. Nous avons été très heureux de faire leur connaissance.

Et Saintes dans tout ça ?

Ah bien oui, quand même…tout près du restaurant, L'Abbaye aux Dames :


mercredi 4 mars 2009

Gratin de lotte en 3 iPhotos et quelques explications

Savez-vous ce qui est bien, lorsqu'on avance en âge ?
Et bien on perçoit mieux, je crois, les choses les plus essentielles de l'existence, à savoir : 1 - l'amour et 2 - la cuisine. ;o)
Alors aujourd'hui, c'est l'amour… de la cuisine.
Et demain sera un autre jour.


Dans un plat à gratin tout beurré, sur un lit d'oignons revenus préalablement à l'huile d'olive et assaisonnés au sel de Ré et au Curry, j'ai déposé les morceaux de deux beaux filets de lotte salés eux aussi.


Puis j'ai recouvert de demi-tomates pelées au jus et épépinées (parce qu'en cette saison les tomates fraîches, on laisse tomber…)


J'ai abondamment mouillé le plat avec un Sauvignon, mais le Riesling aussi le fait bien.

Avec le jus des tomates que j'ai centrifugé, que j'ai fait un coulis que j'ai fait réduire avec deux feuilles de laurier du jardin ajoutées à un soupçon de gingembre. J'ai nappé le plat avec ce coulis.

J'ai salé et poivré, recouvert de chapelure et de "petites" noix de beurre.
Puis j'ai mis mon plat à four froid, sur la grille basse, sans la lèche-fritte, chaleur traditionnelle à 210° pendant une heure.

Enfin j'ai donné un petit coup de grill.


J'ai servi le tout avec du riz blanc, en toute simplicité… Hum, c'était bon !

lundi 2 mars 2009

Horizon

Je vous avais proposé de vous inspirer librement de cette photo et d'écrire une histoire.

C'est Tifenn, la fée de Breizkiss qui ouvre le bal, en signant ce joli regard croisé sur une rupture.

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Quand je me suis réveillé ce matin, elle n'était plus là.
Je ne sentais même plus la chaleur de son corps sur le drap froissé et la chambre était dans le noir, elle n'avait pas non plus ouvert les volets.
Hier soir, nous nous sommes disputés. Elle n'ouvrait pas la bouche, je ne pouvais pas lui faire dire ce qui causait son mutisme, son regard était noir comme son humeur.
Je me suis couché, j'ai posé ma main sur sa hanche dressée comme un rempart et je me suis endormi.

Mon sac est prêt. Il s'est endormi, sans même me parler. Il me tourne le dos, ignorant. Je n'arrive pas à lui faire comprendre que cette ville m'insupporte, assez de ces immeubles qui touchent le ciel gris, assez de ce bruit sourd et continu des voitures, assez de sursauter au passage d'un deux-roues sans silencieux, vanité de gamin, crispation de mes mâchoires. Je partirai dans quelques heures, le taxi m'attendra en bas de la troisième avenue, il ne se rendra compte de rien.
Depuis des semaines l'envie de fuir me ronge, cet avenir sans horizon me pèse, partout les yeux se posent sur un obstacle, il est facile à l'esprit de se confiner de la même façon. C'est ce qui nous est arrivé, comme à d'autres.

J'ai trouvé sa tasse de café dans l'évier. Elle s'est levée tôt, en général je le fais avant elle. Ses clés du bureau son restées là, son portable est sur messagerie, sa veste en cuir ?
Son absence à mon réveil est comme un mauvais présage, je tourne dans l'appartement comme le faisait notre chat avant qu'il ne tombe du 15ème étage et ne se brise la colonne. Elle ne s'est pas remise de cette perte je le sais. Nous ne voulons pas d'enfants. C'est ce contrat qui nous unit depuis des années, de toute façon c'est trop tard, je suis trop vieux. Il nous suffit de voir nos nombreux neveux et nièces pour ne rien regretter ; leurs hurlements dans les couloirs de la maison familiale, leurs caprices, les sacrifices consentis dès leur naissance, je ne veux pas les accepter, elle non plus.

Tout à coup je me rappelle cette fillette hier après midi, qui se jetait en riant sur la balançoire et un sentiment confus me frôle. J'ai 41 ans, et après ? Rien.
Se rapprocher de ses racines, retrouver la route de chez soi, c'est comme sentir le goût de la confiture de mirabelles, la brûlure du soleil sur son dos, les grains de sable entre les orteils en enfilant des espadrilles rouges, le baiser salé de son premier amour...
Je suis arrivée sur la plage de mon enfance. Le soleil est prêt de se coucher. Je suis seule, l'hiver dépeuple les arbres et le sable, c'est bien. Aucune brise ne soulève mes cheveux, aucun immeuble ne barre la vue d'un astre se plongeant dans l'onde claire. J'enlève mes lunettes de soleil, je veux me brûler les yeux, pour m'aveugler de cette lumière.

dimanche 1 mars 2009