Pourquoi ce titre ?
A propos de la submersion marine de l'île de Ré du 28 février 2010, on comprend aisément que la tempête de Sud qui a frappé les grandes digues de la côte sauvage ait exercé, compte tenu de la hauteur d'eau, une pression si considérable qu'elles aient pu se rompre. Mais que s'est-il passé sur la côte nord de l'île ? J'ai recueilli plusieurs témoignages concordants, directs ou indirects, relatant "une vague" venue du nord et non pas simplement le débordement de la ligne de côte par les flots. J'ai ainsi lu dans la presse un témoignage très intéressant qui a particulièrement retenu mon attention. Il émane de M. Patrick Rayton, Maire de La Couarde, qui a déclaré (source AFP) :
Pour expliquer ce phénomène de vague vue et même entendue par certains dans le fracas de la tempête, j'avance l'idée d'un phénomène d'écho de vague ou backwash sur la côte vendéenne.
A propos de la submersion marine de l'île de Ré du 28 février 2010, on comprend aisément que la tempête de Sud qui a frappé les grandes digues de la côte sauvage ait exercé, compte tenu de la hauteur d'eau, une pression si considérable qu'elles aient pu se rompre. Mais que s'est-il passé sur la côte nord de l'île ? J'ai recueilli plusieurs témoignages concordants, directs ou indirects, relatant "une vague" venue du nord et non pas simplement le débordement de la ligne de côte par les flots. J'ai ainsi lu dans la presse un témoignage très intéressant qui a particulièrement retenu mon attention. Il émane de M. Patrick Rayton, Maire de La Couarde, qui a déclaré (source AFP) :
"J'ai failli me noyer", témoigne le maire de La Couarde. "Les pompiers m'ont appelé dimanche à 4h00 du matin, j'ai pris la départementale en voiture et j'ai vu la vague arriver, venant de la rive nord, elle a submergé la voiture, raconte-t-il.Je me suis alors demandé comment, avec des vents de sud mettant à priori la côte nord à l'abri, une vague pouvait venir déferler sur le rivage la côte Nord de l'île, et notamment -fait rarissime- submerger brutalement les ports de La Flotte et surtout de Saint-Martin de Ré dont les quais sont d'ailleurs sensiblement plus hauts.
"J'ai dû faire appel à un de mes collègues qui est venu me sortir de cette situation avec un tracteur", ajoute-t-il.
Pour expliquer ce phénomène de vague vue et même entendue par certains dans le fracas de la tempête, j'avance l'idée d'un phénomène d'écho de vague ou backwash sur la côte vendéenne.

Voici un backwash, sur une digue en Espagne :
Il serait intéressant de savoir à quel heure précise chaque point du littoral Vendéen et Charentais a été impacté. A la lecture du précieux témoignage de Patrick Rayton, j'ai comme dans l'idée que les rivages de la côte Nord de l'île -depuis la fosse de Loix (où cette vague à sauté Goisil) jusqu'au Platin de Rivedoux (où elle a sauté le parking de la coopérative maritime)- auront été touchés en dernier. Si ce que j'avance est exact, alors il est clair que le port de La Flotte et la dépression qu'il représente en ce point précis du rivage était malheureusement idéalement placé pour subir de plein fouet ce choc en retour. Tout cela reste évidemment à vérifier.


Décidément la mer nous surprend tous les jours ! Je ne connaissais pas ce phénomène !
RépondreSupprimerProf Marcus je ne partage pas cet théorie... Les traces sur la côte sud montrent que la mer est montée pareillement. La côte nord plus protégée des tempêtes atlantique ne possède pas les protections du sud : falaises, dunes et digues hautes... L'eau n'est rentrée que si les digues on cassées, martray, montamer, exception la Thalasso de Ste Marie qui est au niveau 0 et construite dans une cuvette. Le côte nord est même plus près du niveau 0 avec ses ports et ses marais (plus bas que le niveau 0). Je pense que l'effet retour aurait été possible si les côtes de Vendée plus proches avaient arrêté l'océan.
RépondreSupprimerQu'appelles-tu le niveau 0 Pepper ?
RépondreSupprimerJe n'y connais absolument rien, alors je suis ce petit débat avec attention.
RépondreSupprimerAurons nous un jour une réponse ?
Je pense que oui, la DDTM (ex affaires-maritimes) doit déjà enquêter sur le sujet. Ce n'est pas neutre pour de nombreuses réflexions et politiques d'aménagement du littoral.
RépondreSupprimerLogique!Et j'ai déjà vu une réflexion de même type dans la presse.
RépondreSupprimerCe n'est pas tout-à-fait la même configuration mais cette vague pourrait aussi s'apparenter à un mascaret. Dans cette hypothèse les vents arrivent à contenir les flots. A un temps T, vers 04:00 le flot de marée entrant dans le pertuis Breton par le Nord Ouest est alors plus important que celui passant sous le pont (comme en rivière le courant) et ce différentiel finit par déferler notamment sur la côte nord de l'île.
RépondreSupprimerCe n'est bien sûr qu'une hypothèse.
j'ai trouvé un témoignage sur sud ouest parlant d'une vague de quelques mètres.
RépondreSupprimerhttp://www.sudouest.com/charente-maritime/actualite/article/888679/mil/5796468.html
Vous pensez à un tsunami?
Bonjour Cyril.
RépondreSupprimerPas un Tsunami d'origine géologique, même si la coïncidence avec ce qui s'est produit dans le pacifique la veille est troublante. On serait plutôt là dans un phénomène de vimer bien connu sur la région.
Ce qui m'interpelle, ce sont les horaires constatés et la direction des vents. Que l'Atalante déguste avec des vents de sud est hélas, dans l'ordre des choses. Ce qui s'est passé côte Nord est plus troublant. En définitive je pense que le flot de marée a été contenu et refoulé sur la Vendée par les vents jusquà ce que le différentiel se comble par le déferlement sur la côte nord. C'est comme cela que je m'explique le déferlement observé par Patrick Rayton (La Couarde) mais aussi à la même heure par Patrice Raffarin (Rivedoux) qui m'a écrit :
"J'étais effectivement sur le parking derrière la coopérative maritime vers 3 h 30, dimanche matin. La mer envahissait légèrement la place du fait des effets conjugués de la surcote et de la houle. …/… Vers 4 h 10, une vague, d'environ 1m 50, est arrivée avec un bruit fracassant et submergeant tout sur son passage."
Mais après tout, à 04H10, on est à 16 min de la haute mer autant qu'il m'en souvienne.
Cela veut dire que ce phénomène de dynamique des fluides, ajoute encore à la surcote de marée liée à la dépression et que, pour bien faire, il ne faudrait pas se contenter d'additions théoriques par rapport aux niveaux de références des plus hautes mer astronomiques. Enfin, c'est mon avis.
J'ajoute que l'augmentation du nombre de fortes tempêtes ces dernières années laisse malheureusement augurer d'une augmentation statistique des occurrences s'agissant du risque de submersion sans qu'il soit besoin d'évoquer l'augmentation déjà constatée du niveau des mers.
Bref, même si la tentation sera grande, à court terme, de ramener cette affaire à quelque chose de tout-à-fait exceptionnel. Je pense personnellement qu'il aura nécessairement, sinon dans les politiques publiques, du moins dans la conscience collective insulaire, un retentissement certain.