vendredi 29 octobre 2010

Le chemin de traverse

… Malgré !

Il est sans doute trop tard, probablement encore trop tôt. Au fond ce genre de questionnement n'a plus aucune espèce d'importance. Seule certitude l'heure tourne et la nuit qui n'en finit pas n'a pas encore commencée. J'emprunte le chemin de traverse. C'est une rue très étroite, un coup de scalpel net et sans bavure qui tranche le front dense, uni, solidaire des maisons du quai, celles qui font face courageusement à la baie, celles qui ont du sel sur les murs quand le vent de nordet la déchaîne, que les vagues viennent battre le quai. Le "Chemin du bout du monde" c'est comme ça qu'ils auraient pu l'appeler.  Moins de cent cinquante pas pour changer de monde, basculer d'un univers à l'autre. Au beau milieu de la nuit les voilà réunifiés dans l'obscurité et le silence complices qui estompe leurs différences.
La nuit tous les paysages sont gris. Les chats aussi ! A force de me voir traîner dans le quartier, à force de m'y faufiler sans  faire de bruit, ils ont fini par me reconnaître et m'adopter Ils viennent plus facilement à moi désormais. Il y a là Félix, Chouchou, d'autres encore. La nuit est leur royaume, ce sont tous mes amis. Je  leur demande gentiment de m'y laisser une petite place. Chouchou ronronne, Félix se montre un peu plus réservé. Parfois je tombe en pleine bagarre, mais quand je m'approche tout s'arrête. J'ai une présence apaisante avec les chats je crois bien. Alors je pense à mes grandes filles… Et je me dis que c'est seulement avec les chats.
Le quai est désert. L'éclairage aveuglant intégré au parapet me fait penser à celui du pont de Glienicke à la grande époque. L'humidité froide de l'automne qui est déjà là aussi, mais il n'y a ni les aboiements des chiens ni le bruit métallique des barrières qui se referment. Je me vide la tête, j'essaye au moins, je repense à mon parcours.  " Bordel ! Je suis où là ? "
Une voix me répond: " Au village !".
" Qu'est ce que vous voulez ? "
" Des renseignements "
" Dans quel camp êtes vous ? "
" Vous le saurez en temps utile…
Nous voulons de renseignements, des renseignements, des renseignements… "
" Vous n'en aurez pas ! "
" De gré ou de force vous parlerez. "
" Qui êtes vous ? "
" Je suis le numéro Deux, "
" Qui est le numéro Un ? "
" Vous êtes le numéro Six."
" JE NE SUIS PAS UN NUMERO, JE SUIS UN HOMME LIBRE "
" AH ! AH ! AH ! AH ! "

8 Commentaires:

  1. Une rue étroite dans la nuit pour échapper aux apparences. Se glisse le chat parmi les siens, verrait-il dans le noir celui qu'il a laissé dans une gouttière ou sous les pavés..Pourtant sa plage.

    Eh OUF tu as changé ton portrait de profil.??...Tu sais qu'un jour une lectrice non blogueuse, pas du tout habituée à nos conneries de pseudo et gravatar, m'a dit " mais tu as vu ce drôle de gars qui t'a mis un commentaire ? Avec sa barbe, mais quelle allure bizarre, qui c'est celui là ?!! " MDR.

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  2. Elle n'avait pas tout à fait tort cette lectrice. Mais ce changement est tout provisoire, L.A.

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  3. Tu vas écrire sur un scénario de film? un film d'espionnage et d'épouvante?

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  4. Non Tifenn, si je me mettais à écrire vraiment, je crois que j'y laisserais le reste de ce qui me tient encore. Si j'étais seul, alors oui, peut-être après tout.

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  5. Et c'est la que la grosse boule a... déboulé ???

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  6. Hey ! Quelqu'un qui s'y connaît. C'est pour ça que je ne vais jamais à la pêche à pied. A cause de la boule justement.

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  7. Pour les tragiques insomnies qui nous minent, je n'ai pas d'endroit magnifique où me promener...
    Je profite des tiens...
    Mais je compatis...
    Des bizz

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  8. je me refuse à voir du tragique dans tout cela. Mon tempérament m'incline davantage à penser que c'est une opportunité. Une opportunité pour me retrouver seul, ou plutôt seul avec moi même. Je compatis donc aussi à tes insomnies.

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