vendredi 24 décembre 2010

C'est toi qui as la carte ?

Quelles qu'elles soient, je n'aime pas faire les courses avec Christina.
Non ne vous méprenez pas, ce n'est pas que je sois radin ou elle dépensière, nous ne le sommes ni l'un, ni l'autre. Et ce n'est pas davantage que sa compagnie ne me plusse plus, quoiqu'après presque trente ans de vie commune, cela puisse arriver souvent parfois.
Non ! Le problème, quand on est tous les deux, c'est qu'on ne sait jamais qui détient la carte bancaire.
En premier lieu, il nous arrive assez régulièrement de partir sans la prendre, croyant que c'est l'autre qui l'a prise, ce qui, une fois en cours de route voire parvenu devant le magasin, conduit à des mises au point cinglantes assorties de noms d'oiseaux du style : "triple buse"… et "vieux busard toi-même !"
Ceci est d'autant plus fâcheux que le chéquier nous ne le prenons jamais.
Dans l'hypothèse où nous avons pris la carte bancaire en principe, je préfère la garder sur moi. Au centre commercial, elle préfère décharger et recharger le chariot en caisse me laissant payer non sans me rappeler, avant que la caissière ne le fasse, de sortir la carte de fidélité. J'imagine que ça doit la rassurer que je sorte ma carte de fidélité à tout bout de champ.
Bref je paye, mais au lieu de la remettre dans la poche intérieure de mon blouson, il arrive parfois que je la lui tende machinalement (la carte) et tout aussi machinalement elle la met dans son sac à main.
Le temps d'arriver sur le parking, je ne pense même plus à cette action précédente que je n'ai pas mémorisée et, par acquis de conscience, je palpe mon blouson. Enfer et damnation je ne sens plus le portefeuille.
Alors tout affolé, je lui demande : "c'est toi qui as la carte ?"
En principe, neuf fois sur dix elle me répond "oui !"
Comme la confiance règne, huit fois sur neuf, je lui dis : "t'es sûre ?" Alors elle le vérifie et me la montre avec un sourire narquois.
Mais arrive la dixième fois où elle ne l'a pas mémorisée non plus et là, c'est vent de panique pour les deux. Elle plonge dans son sac à main pour vérifier, on se fait une grosse frayeur. D'autant que parfois ce n'est pas elle qui l'a dans son sac mais moi qui l'ai posée machinalement dans la voiture. Dans le vide poche par exemple, c'est pas top.
Bref, la vieillesse est un naufrage. L'expression "perdre la carte" je la trouvais plutôt imagée et drôle, mais tout bien considéré, je crois que je vais devoir revoir mon jugement.

10 Commentaires:

  1. Oui, je suis contente que tu en parles, écoutez mes zozios y faut vous organiser
    tout cela n'arriverait pas si chacun avait sa carte et son compte. C'est déjà assez d'être marié !! Chacun sa carte, c'est un conseil de manante que je suis.
    Chacun sa tête, chacun sa mémoire, chacun ses oublis autant que faire se peut because les conneries elles seront toujours en partage, et le naufrage aura besoin que chacun ait ses pagaies en bon ordre, alors...

    RépondreSupprimer
  2. Un compte mais chacun sa carte c'est simple et pratique. Madame fait chauffer sa carte pour la maison et monsieur pour le bricolage.... ou autre formule au choix.
    Panicaud

    RépondreSupprimer
  3. D'accord avec Anonyme ! Mes parents ont toujours eu un compte joint et 2 cartes. J'ai eu aussi un compte joint du temps où j'étais mariée, maintenant ce n'est plus trop à la mode, tout le monde veut son indépendance financière ! Mais quand on voit les galères : zut vire moi des sous du compte X vers le compte Y, car j'ai payé la facture de gaz, alors qu'il ne restait pas assez d'argent !
    Joyeux Noël à toi et à ta famille !

    RépondreSupprimer
  4. En voyant le titre, j'ai pensé "carte routière" et les inéluctables disputes en voiture, quand on n'a ni le GPS ni pris la carte, alors que l'on a déjà fait 50 bornes...
    Sinon, effectivement, chacun sa carte, c'est l'idéal.
    Joyeux Noël !!!

    RépondreSupprimer
  5. Hors de question d'avoir deux cartes pour donner encore davantage d'argent à la banque.

    RépondreSupprimer
  6. Hi hi Oh le joli pretexte....Etre indépendant cela coûte de l'argent, c'est sûr. Bon on en reparle quand un des deux aura vidé le compte confondant 50 euros et 5000 "non, non je vais très bien, je sais ce que je fais, nan mais tu me crois sénile ou quoi ???"
    "où as tu mis la carte ? "
    " quelle carte ?"

    Waaarffff !!

    RépondreSupprimer
  7. ben moi aussi j'oublie et pas que la carte! Lui aussi à de gros doutes: T'as éteint le fer? t'as fermé la maison?t'as pris le téléphone? Où est-il?
    Alors on tempête, on revient, on cherche, et naturellement tout est éteint la maison est fermée le téléphone est là..et on arrive en retard.En fait de moins en moins car on prévoit nos doutes. Ça fait plus de trente ans que ça dure et à chaque fois qu'on pense être tranquille , c'est la qu'on oublie quelque chose d'important. Après le coup de vent on en rit c'est tout ce qu'on a trouvé comme solution.La vie à deux c'est pas simple mais souvent rigolo... ce soir on a cru faire tomber les papiers dans une un bouche d'égout Ils étaient dans le panier...

    RépondreSupprimer
  8. Merci pour ce témoignage Marie Anne.
    Il semblerait que pour aider à mémoriser, il suffirait de prononcer ce que l'on fait : Exemple : "je pose mes clés sur le buffet." Bref, tout ce que l'on fait machinalement risque de passer à la trappe. J'admire ceux qui, en se concentrant, parviennent à remonter le fil pour se rappeler et trouver la solution.

    RépondreSupprimer
  9. Ce post est hilarant, parce qu'on s'y reconnaît tellement...toujours cette carte qui donne de ces coups d'adrénaline... c'est que ce n'est pas de tout repos de faire les courses!

    RépondreSupprimer
  10. Si, en Renault peut-être ? :o)

    RépondreSupprimer