vendredi 30 avril 2010

Faites chier vos gosses : emmenez-les sur les pistes cyclables.

Et c'est reparti pour une saison de folie sur les pistes cyclables rétaises. Les professionnels connaissent "l'enfer du Nord" sur les pavés de Paris Roubaix. Par la volonté de leurs chers géniteurs, les gamins vont connaître "l'enfer de l'Ouest" sur le pont et les pistes cyclables de l'île de Ré.
Autrefois, pour emmerder les garçons, il y avait la perspective du service militaire. Mais il y a pire que l'armée, pire car ça commence beaucoup plus tôt, qu'il n'y a guère de moyens d'y échapper et que ça concerne aussi les filles : je parle d'avoir des parents sportifs.
Ainsi, dès les premiers beaux jours, les parents sportifs embarquent leurs petits dans des aventures cyclistes improbables, sans même mesurer les efforts souvent disproportionnés que ces derniers, lorsqu'ils sont trop jeunes, vont devoir accomplir.

Ça commence déjà sur le pont. Là il faut se taper 2 kilomètres d'ascension, à froid évidemment, vu que la bagnole est garée au belvédère. Lorsque papa et maman font un tour de pédalier, eux en font quatre. S'ils ne font pas un infarctus du myocarde avec ça, ils auront le cœur de Fausto Coppi, c'est sûr.
En plus, c'est vraiment pas de chance, c'est vent dans le pif aujourd'hui, et pas qu'un peu. Qu'importe on a prévu d'aller au moins jusqu'à Ars-en-Ré et on suivra le programme coûte que coûte. "On l'aura dans le dos pour revenir ce sera plus cool" affirme péremptoirement papa avec l'assurance du connaisseur.
Généralement, c'est papa qui est devant avec la remorque dans laquelle il trimballe le petit dernier qui sombre bien vite dans un état comateux, accablé qu'il est par la chaleur. Ses aînés sont au milieu et maman derrière en serre file.
C'est à maman qu'échoit la tâche ingrate mais ô combien nécessaire de veiller à un minimum de respect du code de la route et d'éviter les accidents sur ces pistes étroites, à double sens, et déjà très fréquentées. Pour cela l'arme fatale c'est sa voix, une voix qu'elle aura perdu d'ici la fin de la journée tant elle aura houspillé sa progéniture sur le trajet : "Attention, tiens ta droite, ne suis pas ta sœur d'aussi près, arrête de zigzaguer, freine pas si fort imbécile, tiens ton guidon… " quand ce n'est pas carrément : "arrête de faire le con ou je vais t'en coller une".
Une autre configuration "dite autogérée" est possible cependant. Les enfants pédalent loin devant, ils se démerdent. Les parents à deux de front font la causette, profitant du paysage tout en jetant un œil distrait sur les gosses de temps à autre.
Cette configuration se rencontre assez fréquemment. Elle n'est toutefois pas recommandable car la piste cyclable coupera tôt ou tard une route départementale, mortifère à raison de la circulation estivale.
Cependant, pour des parents indignes désireux de mettre un terme prématuré à l'existence de leur petit Tanguy en devenir et qui se demandent déjà ce qu'ils vont bien pouvoir en faire quand eux seront en retraite et que lui sera toujours à leur charge à trente ans, c'est très certainement la configuration idéale.
Mine de rien le temps passe, et malgré le vent qui n'a pas cessé ils approchent de l'objectif en ayant déjà bien puisé dans leurs réserves, alors celles des enfants, vous pensez ! Rien de mieux qu'un petit pique-nique à la plage pour recharger les batteries et ranimer d'urgence le plus petit complètement déshydraté qu'on avait presque fini par oublier dans sa carriole. Et il en est bien besoin de recharger les batteries car mine de rien, avec l'inversion thermique, voilà que cette saloperie de vent est en train de prendre dans l'autre sens.
Le retour se transforme en débâcle. Enjoués et plein de bonne volonté à l'aller, les mioches sont à la peine et deviennent grognons. Ils s'arrêtent tous les cent mètres. Papa devient nerveux il s'inquiète pour l'horaire et lâche imprudemment : "A traîner comme vous le faites on va bien finir par rentrer de nuit." Inquiétude légitime car les vélos n'ont pas de lumière.
Maman, pratiquement aphone, commence à en avoir sérieusement ras le bol. Elle prend ce "comme vous le faites" en pleine poire et explose littéralement : "Oh toi hein, avec tes balades en vélo à la con, ça va bien !" Oui parce que j'ai oublié de vous dire que son truc à elle, c'est pas le vélo mais plutôt la varappe. Mais de sommet à gravir ici il n'y a point.
Le pire reste à venir : l'ascension finale du pont (dans un silence glacial qui en dit long sur l'ambiance familiale). Elle est beaucoup plus raide sur cette face là que sur l'autre. Avec cette brise thermique à décorner les bœufs, c'est pas gagné. Papa fait bien tout ce qu'il peut pour essayer de pousser les uns et les autres mais ça finira pied à terre, dans la fumée des moteurs diesel des véhicules qui, regagnant le continent, quittent l'île à la queue leu leu.
Tous garderont un souvenir impérissable de cette journée mémorable. Papa rêve déjà de revenir bientôt avec un objectif encore plus ambitieux : le phare des baleines.

jeudi 29 avril 2010

Chai Pepette

Le parcours de Pepette est atypique. Elle a travaillé au service dans différents établissements de l'île dont le Lever du Soleil et le Bistrot Marin (sur le port de Saint-Martin de Ré). Déjà bien connue sur l'île de Ré, Pépette a sauté le pas en créant sa propre affaire.
Elle s'est installée en 2007 à Sainte-Marie-de-Ré, où elle a imaginé un petit restaurant accueillant et très sympa au numéro 5, de la place d'Antioche à Sainte-Marie-de-Ré. -> ICI.
Le décor intérieur marie avec bonheur l'ardoise et le bois. Le restaurant dispose d'une terrasse donnant sur la place. L'accueil est bon enfant. Le grand mur d'ardoise affiche les plats du jour et la carte des vins.
Je l'ai découvert récemment et j'y vais assez souvent avec Christina depuis quelques temps. On y apprécie, le lieu, les facilités de stationnement, l'accueil, une cuisine de qualité du Chef (Laurent) avec notamment ses "plats canailles" et aussi ses très bonnes pizzas.
Les prix sont raisonnables (ce n'est pas toujours le cas sur l'île et cela méritait donc d'être souligné). Je vous recommande cet établissement.

(Ouvert toute l'année. Ouvert de 8h à 2h de Avril à Septembre. Fermeture le dimanche soir et le lundi hors saison. Fermeture le lundi en Juillet et Août - tél : 05 46 30 03 55 -)

dimanche 25 avril 2010

Xynthia : manifestation des sinistrés sur le pont de Ré



Une manifestation qui n'a pas été du goût de tout le monde, les locations à la semaine se prenant et se quittant le samedi, certains automobilistes se sont retrouvés bloqués par la maréchaussée. Mais comme le dit le préfet himself : "manifester est un droit".

Les rétaises

Mais non, je ne vous parle pas des filles de l'île de Ré, mais des asperges rétaises.

Cueillies toutes fraîches de ce matin et déjà sur la table.

Elles sont délicieuses, c'est le moment d'en profiter.

mercredi 21 avril 2010

Camille

En mission en Saintonge romane, hier après-midi, l'idée me vient de pousser un peu plus loin dans la campagne profonde, histoire d'aller saluer les vivants et les morts, ces derniers étant, hélas et de loin, la catégorie la plus fournie.
Après avoir rendu visite à deux cousines qui me sont chères, je décide de passer dans un petit village voisin répondant au joli nom de Gourvillette. Rien qu'à l'évocation de ce nom, on dirait déjà du René Fallet, pas vrai ?


Jusqu'à sa mort dans les années 70, on y passait à peu près tous les ans, l'été, pour rendre visite à un vieil oncle par alliance de mon papa. Prénommé Camille, l'homme avait épousé Élise (Lisette) la plus jeune sœur de ma grand-mère en 1925.
Vieux ? pas tant que ça ! question de point de vue en fait. J'étais bien jeune et à cette époque, les gens faisaient déjà vieux bien avant l'âge.
Camille, né à Gourvillette (Charente-Inférieure) en décembre 1901, était un personnage atypique et haut en couleur. Fils d'agriculteur, rompant avec une longue tradition familiale, Camille refusa d'épouser le culte du cultivateur occulte et préféra tenter sa chance à la ville et s'investir dans différentes entreprises commerciales.

Dans une période que je n'ai pratiquement pas connue, il tint avec bonheur, un bar PMU à Matha, le chef lieu de canton, après avoir tenu un autre établissement dans la région bordelaise. Après la libération, il s'était mis à louer des tivoli et autres chapiteaux pour des événements, notamment des réunions électorales. Ça marchait fort car les salles municipales étaient rares surtout en campagne. Pour son malheur, il eut un client nommé Jacques Chaban-Delmas.

En effet, lors d'une soirée électorale, un soir de grand vent, le chapiteau loué par le candidat s'effondra sur l'assistance, sans faire de victime heureusement. La réunion à peine commencée tourna court évidemment. Chaban, littéralement vent debout, était sorti furax, à quatre pattes sous la toile. Persuadé que l'incident n'était du qu'à l'incompétence de ce pauvre Camille qui n'avait pas suffisamment arrimé son installation. Il lui tomba dessus à bras raccourcis et lui passa un savon dont il se souvint longtemps. Plus tard, Camille apprit qu'il avait été la victime collatérale d'un sabotage des adversaires politiques de Chaban.

De son passé de tenancier de bistrots, Camille avait conservé un langage imagé parsemé de jurons dont certains, comme "Put… de Marie", confinaient au blasphème. Évidemment, mon cousin Alain et moi, lorsque nous passions avec les parents sur la route des vacances, nous raffolions de ses gros mots et de nous faire traiter amicalement par le tonton de "cré fi de garces" (en patois : sacrés fils de garces). Quel bonheur de voir la mine de nos mamans, la bouche en cul de poule, qui appréciaient très modérément d'être ainsi élevées à la dignité de "garces". Surtout ma tante Janine, la maman d'Alain.

Camille avait une grande connaissance du vin. Ayant hérité de quelques terres il s'installa à la retraite dans son village natal et faisait le vigneron pour son plaisir. Dire que sa cave bien fournie n'était peut-être pas étrangère à l'affection que lui portaient feux mon oncle et mon père serait cependant salir leur mémoire et leur haut degré du sens de la famille dont j'ai peut-être bien hérité, allez savoir.

Quarante ans plus tard, me voilà donc mardi, sur les coups de dix-neuf heures, en train de pousser la porte du cimetière de Gourvillette et de parcourir ses allées… en vain. Car de tombe de Camille, je ne trouve point.

Seul dans ce petit cimetière à l'écart du village, sur la route de Beauvais-Sur-Matha, je lance à haute voix, comme un hommage : "Mais où es-tu donc Camille, cré fi de garce !" Et là croyez-moi ou pas si vous voulez : du fond de ma mémoire, j'entrevois l'espace d'un instant, le visage de Camille. Il me regarde… il est hilare.

dimanche 18 avril 2010

Eyjafjöll




Edvard Munch a écrit :
«Je me promenais sur un sentier avec deux amis, le soleil se couchait, tout d'un coup le ciel devint rouge sang. Je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture. Il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et la ville. Mes amis continuèrent, et j'y restai, tremblant d'anxiété. Je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers.»



Il faut toujours voir le bon côté des choses. A défaut de pouvoir prendre l'avion, on peut aussi prendre son mal en patience et observer le coucher de soleil flamboyant.













Et là, je ne peux pas m'empêcher de penser que je suis tout de même mieux ici, sur mon île, à attendre le grand tsunami, plutôt que d'aller le chercher dans des contrées lointaines et pour cela devoir camper dans un aéroport à cause d'un fichu volcan islandais au nom imprononçable.

jeudi 15 avril 2010

La croisière ne s'amuse plus

Le paquebot était devenu fou. La colère des passagers et même d'une partie de l'équipage commençait à monter dangereusement. Mais on arrête pas un navire de cette taille aussi facilement.
Alors le capitaine a envoyé l'officier mécanicien sur le pont, un gars du Nord plutôt sympa qui sait y faire. Il a dit qu'il y avait… "un malentendu". Chapeau l'artiste !
Étrange, les ordres du capitaine étaient pourtant parfaitement clair. L'aurait-on mal compris ?
Tout se serait donc joué au cours d'un déjeuner mercredi entre le président, un député futé et un secrétaire d'État qui ne l'est pas moins et qui est par ailleurs président du Conseil Général de notre beau département, un homme que l'on disait pas plus tard que la veille en fâcheuse posture alors que, le même capitaine ordonnait à son premier lieutenant de réprimer la mutinerie.
Le ton a changé ! Du moins il semble. Mais il importe que le capitaine ne perde pas la face, alors on va y aller tout doux, pour ne pas casser l'arbre de transmission… Arrière-lente.
Oublié la sémantique "des zones noires" d'habitat à délocaliser requalifiées en "zones de solidarité" où peut s'exercer le rachat des biens. pat l'État. Oubliés les arrêtés de périls et les déplacements d'office de sinistrés : l'État va prendre son temps en remettant les élus locaux dans le circuit. Oubliés les experts infaillibles des services de l'État, ceux qu'aucun sinistré n'a vu sur le terrain : chacun aura droit s'il le souhaite, à une contrexpertise. Pertes et profits, le(s) préfet(s), courroie de transmission zélée, bras séculier et vengeur d'un État jacobin qui attendait son heure depuis la décentralisation -et qui pensait pourtant l'avoir trouvée avec Xynthia- pour une reprise en main de l'urbanisme qui s'annonçait musclée : celui de la Charente-Maritime est même taxé par le député futé : d'avoir "transmis des informations bidons ".
Ah c'était donc ça ! Notre bon capitaine avait été induit en erreur par un incompétent… :o))
Dur métier en vérité que celui de Préfet. Il faut les avoir bien accrochées pour avaler des couleuvres pareilles. Ironie du sort le premier et peut-être bien le seul "expulsé" dans cette affaire le sera sans doute bientôt de sa préfecture, immeuble vénérable de la rue Réaumur à La Rochelle. Situé non loin de la mer, il n'a même pas vu arriver une seule goutte d'eau le 28 février.

Est-ce que ce coup de théâtre suffira à dissuader les sinistrés d'aller manifester en bloquant la gare de péage du pont de Ré, samedi 17 avril ?
Rien n'est moins sûr que l'incertain disait Monsieur de La Palisse. Alors si vous avez l'intention de franchir le pont pour nous rendre visite samedi matin, il faudra peut-être vous armer de patience.

C'était l'après-Xynthia, une chronique du front de la connerie, un front où décidément, personne n'est à l'abri.

PS : selon les dernières nouvelles, la manif de samedi est ajournée.

lundi 12 avril 2010

Xynthia : Un rapport préliminaire du BRGM rendu public

Le compte-rendu de mission préliminaire du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) sur la tempête Xynthia, a été rendu public. Un document à consulter sans modération.

Je viens de lire in extenso et d'un seul trait cet excellent rapport préliminaire, par ailleurs parfaitement intelligible, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.
Merci à l'aimable correspondant anonyme qui m'a signalé cette parution dans son commentaire sur mon billet précédent. (Cliquez sur l'image pour accéder à la page de téléchargement sur le site du BRGM)

Ce document illustré explicite les différents mécanismes des dommages causés par la submersion marine. Il apporte également une réponse à mon interrogation concernant les différences des hauteurs de submersion observées dans les villages, en référence aux cotes altimétriques IGN 69 du NGF, différences qui, dès le départ, m'avaient interpellé.

Je m'empresse d'ajouter qu'il faut se réjouir de ce différentiel constaté car les choses auraient alors pu être alors encore plus graves en terme de bilan humain, notamment dans le canton d'Ars-en-Ré.

Selon Jacques Boucard -rencontré incidemment dimanche en fin d'après-midi sur le littoral maritais- l'intensité de ce vimer du 28 février 2010 aura probablement été très proche de celui de 1711.

Sur le front des zones noires :
Le Conseil Général de la Charente-Maritime a voté lundi matin à l'unanimité une motion demandant "conformément à l'article L561-1 du code de l'environnement, que l'ensemble des zonages actuellement élaborés, et notamment les secteurs classés en zone d'extrême danger à délocaliser, fassent l'objet d'une étude et d'une estimation des moyens qui pourraient être mis en oeuvre pour assurer la protection des habitats avant de prendre la décision définitive de les détruire".
C'est d'ailleurs cette absence d'étude comparative préalable qui fragilise singulièrement la position juridique de l'État qui encourt désormais le risque de recours contentieux des particuliers.

Ah les ingrats !…
doit penser un Nicolas Sarkozy sûr de ses bonnes intentions. Il persiste et signe en réaffirmant lundi sa volonté "d'interdire la réinstallation des victimes de la tempête dans les zones où elles seraient exposées à un risque mortel"et demande à son premier ministre de "réunir les ministres concernés pour s'en assurer"… (en version sous-titrée : "serrer les boulons au sein du gouvernement").

La réinstallation des victimes ?…

Sont-elles seulement parties les victimes ? En précipitant les choses, le Président de la République a peut-être bien confondu autorité et autoritarisme, oubliant au passage l'adage selon lequel il ne sert à rien d'essayer de faire le bonheur du peuple contre sa volonté et que les chemins qui mènent à l'enfer sont pavés de bonnes intentions. (crédit photo AFP/PIERRE ANDRIEU - manifestation dans le village des Boucholeurs).

jeudi 8 avril 2010

Xynthia - La Préfecture 17 a rendu public les cartes des zones pour l'île de Ré

Dans le courant de l'après-midi, la Préfecture 17 a publié la cartographie des zones noires jaunes et oranges de la Charente-Maritime.

Pour l'île de Ré, cinq vues aériennes concernent quatre communes sur dix… Quatre seulement dirais-je !
Entendons nous bien, je ne suis pas de ceux qui pensent qu'il faudrait faire table rase de toute l'île mais l'absence totale de référence aux autres communes rétaises, en particulier Ars, La Couarde, Les Portes et Rivedoux, subsidiairement Saint-Martin, m'interpelle fortement.

Ainsi par exemple, La Couarde-sur-Mer. Je relis le témoignage de Patrick Rayton, son Maire relaté par la presse : "J'ai failli me noyer", témoigne le maire de La Couarde. "Les pompiers m'ont appelé dimanche à 4h00 du matin, j'ai pris la départementale en voiture et j'ai vu la vague arriver, venant de la rive nord, elle a submergé la voiture. "J'ai dû faire appel à un de mes collègues qui est venu me sortir de cette situation avec un tracteur." Or cette route est bordée d'habitations toutes sévèrement et durablement inondées. Une impasse parfaitement incompréhensible au regard de la note d'explication des critères publiée en Préfecture.

La légende distingue trois zonages et un périmètre :
  • noire : l'expression zone d'extrême danger à "délocaliser" remplace pudiquement l'habitat à détruire. Cependant, comme cela a été précisé des activités autres que l'habitat pourraient y être envisagée. Peut-être certains entrevoient-ils déjà un écomusée au lieu et place du moulin à marée de Loix (propriété privée) qui est habité l'été. Il est du XVIIe siècle, ce serait ballot de le raser dans la précipitation !
  • jaune : zone submergée à prescriptions spécifiques (à venir sans doute)
  • orange : zone de danger à expertiser, ce qui laisse à penser que leur sort n'est pas tranché. J'y vois le fruit de la volonté acharnée des élus de gagner du temps, peut-être aussi de l'embarras des experts à tout justifier dans l'immédiat.
  • Enfin, les périmètres bleus recensent les zones identifiées comme submergées pour lesquelles on se contente finalement de prendre acte. (sic)
Parmi ceux-ci, l'un des plus emblématique à mes yeux est celui de Montamer (à Sainte-Marie de Ré) pour lequel, singulièrement, ni expertise ni prescriptions ne sont envisagées. Je me suis pourtant laissé dire que que le secteur, déjà submergé et pas qu'un peu en 1941, n'avait pas été épargné en 2010 et que certains habitants du quartier avaient eu une grosse frayeur. Allez comprendre…

Bon, je vais m'arrêter-là car je ne souhaite vraiment pas polémiquer à chaud. Surtout quand les les gens, ou people en cause sont dans la peine.

Astuce : cliquez sur le bas du diaporama pour faire apparaître les commandes !




Pour une lecture en haute résolution, merci de les consulter sur le site de la préfecture 17.

Au final, on pourrait presque se risquer à dire que l'île de Ré s'en tire pas trop mal par rapport au continent où la révolte gronde. Là-bas, on n'empêchera pas les gens de penser que ce n'est pas un hasard. La détermination et la solidarité des élus rétais à sauver les meubles (les immeubles en l'occurrence) après de longues et douloureuses réunions n'y est sans doute pas étrangère non plus, peut-être bien aussi les perspectives financières affolantes des acquisitions au prix du marché.

PS : Bonne nouvelle ! A Rivedoux, on a retrouvé notre pharmacie… mais provisoirement installée dans un algéco posé sur la place de la République. La Pharmacie, la vraie ? Trois mois de travaux Monsieur le Préfet.
Ah bah oui, quand même…

Une pensée tout de même pour les deux représentants de l'État de Vendée et de Charente-Maritime qui sont sur la brèche (sans jeu de mot) depuis le 28 février et même avant. Ce sont des hommes comme les autres, ils ont peu dormi, beaucoup travaillé et doivent assumer une mission au demeurant fort peu agréable. Préfet ce n'est pas une sinécure, surtout quand le devoir accompli, on est raccompagné à sa voiture sous les huées et la protection d'un cordon de gendarmes.
La récompense sera sans doute une préfecture de Région sous peu. La Corse qui sait ?
Après tout, la Méditerranée n'a pas de marées (ou si peu) et l'île de Beauté semble ainsi préservée de la submersion… On dit même que la loi littoral y serait mieux respectée que partout ailleurs, mais là, pour le coup, les préfets n'y sont pas pour grand chose.

lundi 5 avril 2010

Zones rouges - zones à haute tension

La première fois que j'ai entendu parler de zones rouges, c'était à propos de la guerre de 14-18, de ses conséquences plutôt. Car il s'agissait, après l'armistice, de geler toute activité ou réinstallation des populations civiles sur les zones dangereuses, fortement polluées par des matériels de guerre et contaminées par la chimie des gaz de combat (ypérite phosgène) et des explosifs (mercure), sans parler des dizaines de milliers de corps enfouis sur la ligne de front. Cette précaution n'a pas été inutile car des milliers d'accidents se sont malgré tout produits depuis. La plupart de ces terrains impropres à la culture ou à l'habitation ont été préemptés par l'état et boisés, sauf les terrains de manœuvre de Suippes et de Mourmelon en Champagne et les lieux de mémoire comme Douaumont à Verdun où il ne faut pas trop s'écarter des sentiers balisés. On estime aujourd'hui que la rémanence de cette pollution perdurera au bas mot sept siècles… sans parler des 12000 Tonnes de munitions chimiques immergées sans autre forme de procès à quelques centaines de mètres de la plage de Zeebrugge en Belgique. Effarant !
On en parle savamment ICI.
Zones rouges !
La symbolique est forte et ce n'est pas un hasard si l'on reparle aujourd'hui de zones rouges, mais cette fois, à propos des zones submergées du littoral Atlantique pour lesquelles l'État estime que la tempête Xynthia a fait la démonstration qu'il y a péril à y vivre et qu'il n'est pas envisageable de revenir y habiter.
L'État, avec la détermination la plus ferme impulsée par le chef de l'État qui semble une fois de plus avoir brulé les ponts derrière lui par ses déclarations fracassantes, entend bien mettre en œuvre sans faiblesse les dispositions de la loi Barnier de 1995. Extraits choisis :
"Nous n'autoriserons aucune reconstruction dans les zones où il y a des risques mortels. Je préfère assumer la colère de certains habitants qui ne seront pas autorisés à revenir plutôt que de mettre des vies en danger. Une fois, ça suffit" a-t-il indiqué à l'issue de la réunion du 16 mars en préfecture à La Rochelle.
Et d'enfoncer le clou quelques heures plus tard à La Roche-Sur-Yon : "La catastrophe du 28 février n'est pas seulement le produit d'évènements climatiques. Je vais prendre mes responsabilités. Cette catastrophe est le résultat d'une cascade de décisions litigieuses ou contraires au bon sens, de négligences, de prescriptions non respectées, d'expertises négligées.(1) Au-delà de l'urgence, il faut que nous nous interrogions sur la question de l'urbanisation des zones à risques.
Qu'attendent les Français à la suite de ce drame ? Ils attendent des choix clairs de la part des responsables publics. Et bien je vais le dire avec la plus grande clarté : ce qui s'est produit le 28 février peut se reproduire à tout moment. Il y a eu trop de victimes, trop de larmes, trop de malheur.
J'ai entendu aussi l'angoisse des sinistrés pour qui, comme l'a dit Philippe de Villiers, « Là où la mer est venue, la mer reviendra ». Dans les zones exposées aux plus forts risques, nous n'avons pas le droit de laisser nos concitoyens se réinstaller comme si de rien n'était. Ce serait irresponsable. D'ailleurs, l'idée même de revenir habiter sur les lieux de la catastrophe est impensable pour les personnes sinistrées. Comment imaginer reconstruire là où il y a eu des morts, là ou la mort peut de nouveau frapper à tout moment ?
Une cartographie précise est en cours d'élaboration destinée à identifier les sites à fort aléa. Mais je veux être clair sur ce point : on ne négociera pas l'aléa, il s'impose à tous, l'aléa n'est pas à géométrie variable la tempête Xynthia vient de nous le rappeler.
Je demande aux préfets et aux maires concernés de prendre sans délai les mesures destinées à éviter la réoccupation à des fins d'habitation des sites qui ont été dévastées par la mer le 28 février. Il en va de la sécurité des personnes. Chacun doit le comprendre. Là où il y a risque mortel, personne ne reviendra y habiter.
Dans ces zones, il est indispensable que toutes les reconstructions et tous les aménagements soumis à permis de construire soient désormais interdites. Dans le même temps, les personnes qui ne pourront retrouver leur domicile ravagé par Xynthia, seront indemnisées de la perte de leur maison."

Après l'explosion immobilière, le reflux.
Entre 1 300 et 1 500 maisons pourraient ainsi être classées en zone rouge (zone rendue inconstructible) en Vendée et en Charente-Maritime. Le critère retenu classerait en zone rouge les secteurs ayant eu plus d'un mètre d'eau. Et déjà un professionnel rétais de l'immobilier de prédire que les secteurs non touchés par la submersion vont prendre de la valeur.
Des interrogations se font jour avant même que le dispositif ne soit arrêté :
Comment faire dans les centres bourgs des villages anciens ?
Certains ont été touchés avec parfois des hauteurs d'eau de l'ordre de 1,70m (à La Flotte rue Charles Biret, par exemple) ?
Les règles s'appliqueront-elles uniformément dans toutes les communes ?
Déjà, sur le continent, on en doute fortement en lorgnant en direction de l'île de Ré, du côté de la commune de Les Portes en Particulier où se concentre l'été le gratin de la politique, de la haute finance, de l'industrie, et du show-biz.
Quid du financement ?
Le gouvernement laisse entrevoir une intervention de l'État de l'ordre de 150 000 € par maison à laquelle s'ajouterait le financement des assureurs, peu enclins toutefois à aller au delà de leurs engagements contractuels, c'est-à-dire les seules réparations des dommages causés aux biens assurés. Et pour l'assiette foncière de la maison, on ne sait pas ?
Bref, ça ne sera pas simple et déjà, les maires, toutes tendances politiques confondues, après avoir demandé des éclaircissements, se rangent du côté de leurs administrés qui se constituent en associations de sauvegarde comme dans le hameau des Boucholeurs sur les communes d'Hyves et Chatellaillon.
Gageons que d'ici quelques semaines il s'en trouvera bien quelques uns pour dire en chœur : "de l'eau, ici ? Pensez-donc… jamais de la vie, ou si peu…"
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(1) Une cascade de décisions litigieuses… sur ce point, le pré-rapport reçu par le Chef de l'Etat l'a probablement édifié. Il pointerait notamment du doigt la responsabilité de la commune de La Faute sur Mer, au nom prédestiné. Une enquête pénale est désormais dilligentée.

dimanche 4 avril 2010

Rétro : la cueillette des œufs de Pâques

Les marcussettes en action.



Une tradition toujours respectée jusqu'à leur vingt ans.
Petits moments de bonheur, autant de repères qui structurent la vie des enfants, autant de repères du temps qui file entre les doigts de leurs parents.