mercredi 23 juin 2010

l'opportuniste

J'aime ces vieilles pierres qui parlent.
Elles nous racontent les aléas et autres revirements de situation politique de l'histoire de la France…



Saint-Martin de Ré.

lundi 21 juin 2010

Décryptage

On vit une époque formidable !
  • Un enseignant en grève… c'est un fainéant.
  • Un cheminot en grève… un chieur.
  • Un salarié de France Télécom qui se suicide… un incapable.
  • Un joueur de l'équipe de France de foot qui refuse de s'entraîner… un travailleur qui souffre !
Et vous savez quoi ?
Le plus pathétique dans tout ça, c'est que les trois premiers sont probablement prêts à le croire.



Merci à Marcusette junior (étudiante en sociologie) qui m'a inspiré ce billet.

jeudi 17 juin 2010

L'homme qui sauva la retraite à soixante ans

Raymond Domenech et son équipe seraient-ils en passe de sauver la retraite à soixante ans ?



En plombant très certainement son parcours au Mondial 2010, l'équipe de France de foot a peut-être bien porté un coup fatal à la mécanique bien ordonnancée du calendrier de la réforme des retraites et de la stratégie de communication qui va avec, à savoir : annonce du projet en pleine coupe du monde, adoption du projet de loi en conseil des ministres pendant les vacances et débat parlementaire expédié à la rentrée.

Je ne serais donc pas surpris d'apprendre que du fond des appartements présidentiels à l'Élysée, au coup de sifflet final du math France (0) - Mexique (2), … une voix rageuse s'est élevée pour s'exclamer : "Ah les cons !"

Maintenant que les bleus ont déjà un pied dans l'avion du retour, je vous propose de passer aux choses sérieuses. Vous disiez, M. Woerth, les retraites…

dimanche 13 juin 2010

Vive la Francophonie !



"Assurons le rayonnement culturel de la France, défendons la langue française."
Que ne l'ai-je entendu mille et une fois au moins.

Tout ça c'est bien gentil mais c'est du pipeau !
Car le passage au tout numérique et la fin de la diffusion analogique (et numérique en clair) sur le satellite va provoquer quelques dommages collatéraux au plan culturel.

Attendez, ne partez pas de suite je vais vous expliquer… Et selon la formule publicitaire de Fransat…

Ainsi, je m'aperçois que pour d'obscures questions de protection des détenteurs de droits sur les programmes, plus aucune chaîne française ne sera diffusée en clair par les satellites.

Voyez par exemple dans la FAQ de l'offre Fransat :

13. Pourquoi les chaines de l'offre FRANSAT sont cryptées ?
Les chaînes de la TNT par satellite sont uniquement destinées aux foyers résidant en France métropolitaine afin de respecter les principes de protection des détenteurs de droits sur les programmes. Le satellite couvrant une zone géographique plus large, les programmes de la TNT gratuite par satellite doivent être cryptés pour qu'ils ne puissent pas être accessibles en dehors du territoire de France métropolitaine.

14. Puis je recevoir les chaînes de la TNT grâce à FRANSAT si j'habite à l'étranger ?
Pour les mêmes raisons de respect des droits des tiers sur les programmes diffusés, FRANSAT est uniquement destiné aux foyers résidant en France métropolitaine. Vous ne pourrez donc recevoir FRANSAT que si vous habitez en France métropolitaine.


"Les Français parlent au Français", le concept n'est pas nouveau mais sa récente adaptation dans le domaine de la télévision par satellite est plutôt déconcertante, je trouve.

Car dans ce monde où il y a, selon la formule de Coluche, "de plus en plus d'étrangers", cette stratégie du bunker ne va certainement pas contribuer au rayonnement de la langue de Molière. :o(

En fait de protection des droits - question dont on ne s'était guère soucié jusqu'ici avec la diffusion analogique (e même numérique) en clair par satellite qui arrosait une bonne partie de l'Europe occidentale - il s'agit surtout de faire du fric avec des démodulateurs et des cartes de droits d'accès. Celle de Fransat livrée avec le démodulateur à une validité permanente, celle de TNT-Sat du Groupe Canal Plus, une validité de 4 ans.

Comprenne qui pourra.

mercredi 9 juin 2010

Simple question de point de vue

Je vous présente une vue zoomée du pont de l'île de Ré plutôt inhabituelle sur ce blog.



Simple question de point de vue. Dimanche soir, j'ai eu envie d'en changer en prenant cette photo depuis le port du Pavé, à Charron, au fin fond de la baie de l'Aiguillon.




Ici tout autour, c'était la mer autrefois… Le golfe des Pictons.



… Ou ça le sera peut-être un jour, on ne sait plus trop.

Ici tout autour, c'était la mer autrefois. C'était avant que, progressivement, la mer ne se retire et que des moines entreprenants y mettent leur grain de sel et leur savoir faire, à partir du VIIe siècle, pour drainer les terres et créer le marais Poitevin…

Ainsi, les villages étaient des îles. A Charron par exemple, les anciens qui s'en souvenaient peut-être encore savaient faire preuve d'humilité. Ils avaient mis l'église sur un point haut, tout relatif, mais suffisant tout de même.



J'aime les noms de rue des villages. Quel terrible secret peut bien recéler celui-ci ?



Retour ensuite en direction de La Rochelle, par Lauzières (Nieul-Sur-Mer).





L'amertume y est encore perceptible :o(



… Et, disons le tout net, légitime. ;o)

samedi 5 juin 2010

La retraite, faut la prendre jeune !

…"Faut surtout la prendre vivant, c'est pas dans les moyens de tout le monde." (J. Audiard) [mp3]

J'ai longuement réfléchi à la question des retraites. J'en suis arrivé à la conclusion que si le problème du financement de nos retraites tient pour l'essentiel à l'augmentation de l'espérance de vie, alors il faut effectivement régler le problème à sa racine.
Aussi je vous présente mon plan pour les retraites, une loi en deux chapitres dans lequel je propose les dispositions suivantes :

A - Mesures concernant les retraites :
  1. L'âge légal de départ en retraite est maintenu provisoirement à 60 ans.
  2. Le Conseil pour l'Orientation des Retraites étudiera un abaissement progressif de l'âge de la retraite à 58 voir 55 ans.
  3. Passage, de 164 trimestres (41 années de cotisation) à 150 trimestres (37,5 années de cotisation) pour une retraite à taux plein.
  4. Retour progressif des 25 aux 10 meilleures années.
  5. Maintien des taux de cotisations actuels pour ne pas pénaliser l'emploi et la consommation.
Mais si c'est possible, vous allez voir !

B Dispositions concernant la santé publique et tendant à réduire l'espérance de vie et le vieillissement prétendument inéluctable de la population :

A compter de dorénavant, ne seront plus soignées en fonction de l'âge des patients :
  1. les cyrrhoses du foie d'origine alcooliques à partir de 60 ans
  2. les maladies pulmonaires liées au tabagisme actif à partir de 65 ans
  3. l'hypertension à partir de 70 ans
  4. les pathologies cardiovasculaires à partir de 75 ans
  5. les accidents vasculaires cérébraux au-delà de l'âge de 80 ans.
(J'en oublie sûrement, mais la négociation reste ouverte).

En outre, pour quelque cause médicale que ce soit, l'acharnement thérapeutique au-delà de 85 ans pour les hommes, 87 ans pour les femmes, devient un délit passible de trois ans de prisons et 300 000 € d'amende, le double en cas de récidive avec interdiction d'exercice de la profession de médecin.
Les médecins-conseils de la sécurité sociale (la SS) seront par ailleurs utilement reconvertis :


Avec ça, on devrait du même coup voir :
  • S'éloigner le spectre du financement de la dépendance, problème non résolu.
  • S'accélérer la transmission des patrimoines, aux générations suivantes, un turn-over favorable à l'économie.
  • Des retraités en bonne santé, profitant pleinement d'une fin de vie autonome avec un niveau de vie décent.
J'ajoute que c'est un bonus pour tous ceux qui, tout au long de leur vie, ont eu une bonne hygiène de vie, peut-être également une motivation supplémentaire pour les autres.
Maintenant si elle ne vous plait pas ma petite réforme, vous pourrez toujours préférer la réforme de Nicolas si vous la trouvez plus réjouissante. Mais faudra pas venir vous plaindre ensuite. Vous voilà prévenus !

jeudi 3 juin 2010

J'adore le cyclisme professionnel

Je vais vous faire une confidence : j'adore le cyclisme professionnel, ses coureurs cyclistes, ses directeurs sportifs, et leur grande créativité.

Pourtant, je ne suis pas à proprement parler un fan de leurs performances sportives et je n'irais pas me planter toute une journée en plein cagnard estival dans la montée de l'Alpe d'Huez, encore moins sous le crachin humide et froid d'un Paris-Roubaix, rien que pour les voir passer plus vite que des mobylettes.
Non, ce que j'aime bien, voyez-vous dans le sport en général et le sport cycliste en particulier, c'est l'ingéniosité que les uns et les autres : dirigeants, sponsors, managers, directeurs-sportifs, médecins, soigneurs, coureurs, et j'en passe… déploient à prendre les gens pour des cons.
Dans le même registre, je ne me lasse jamais d'observer les contorsions et les dénégations de celui -car il en faut bien au moins- qui se retrouve pris, par le plus grand des hasards, dans une affaire de dopage. Ces dix dernières années, j'ai été gâté.

C'est peut-être parce qu'au fond, j'ai une certaine sympathie pour les tricheurs. D'ailleurs, quand j'étais gamin, je suis tombé par hasard sur cette bande dessinée qui m'avait beaucoup plu : les Pieds-Nickelés au Tour de France (pas facile à trouver aujourd'hui). Autant qu'il m'en souvienne, Croquignol avait équipé sa moto d'une perche invisible pour pousser, ni vu ni connu, le vélo de son complice Ribouldingue.

Si la perche invisible reste à inventer, les progrès fulgurants des batteries nouvelles générations ont favorisé l'essor du vélo électrique. D'ailleurs, Cathiminie, blogueuse émérite qui vit en Suisse en a un. De là à dire que tous les Suisses ont des vélos électriques, il y a un pas que je ne franchirai pas, même si, dans le droit fil des Pieds-Nickelés, tant les changements de vélo de Fabian Cancellara, que ses accélérations fulgurantes, me semblent en effet des plus suspects.



Impossible me direz-vous ! Pourtant des spécialistes italiens -qui eux-aussi en connaissent "un rayon" en matière de grande truanderie cycliste- nous expliquent que si, c'est possible !



Alors merci au cyclisme professionnel de faire toujours preuve d'autant de créativité, quitte à devoir bidonner ensuite tout en s'indignant d'accusations non fondées pour se poser en victime. La méthode est bien rodée, perso, je ne m'en lasse pas, le public non plus.

Remarquez, toutes choses égales par ailleurs, il n'y a pas que le monde du cyclisme à procéder de la sorte. Je pense en ce moment à la Présidence de la République Française, à propos de cette ténébreuse affaire des rétro-commissions illégales sur la vente de matériel militaire au Pakistan, le tout sur fond de financement de campagne électorale et d'attentat sanglant contre les employés de la DCN à Karachi. Mais ceci est une autre affaire, qui, pour le coup, je dois bien le dire aussi, ne me fait pas rire du tout.

mardi 1 juin 2010

Marge de Charron

A quelques miles nautiques seulement de l'île de Ré, mais à l'écart de l'économie touristique, le village de Charron, 2140 habitants (recensement 2006), durement éprouvé par la tempête Xynthia du 28 février 2010, pourrait bien mourir dans une quasi-indifférence générale.

Charron, est en effet la commune du département la plus impactée par les zones noires, avec plus de 200 habitations ainsi que des commerces. Bientôt les premiers habitants de ces zones, dites de solidarité, vont quitter le village. Mais reviendront-ils y vivre un jour prochain ? Pas sûr ! Car rétablir une offre foncière disponible et sûre, n'est pas chose facile. Il faudra d'abord modifier les documents d'urbanisme, viabiliser… Tout cela va prendre du temps, trop de temps sans doute. Et le temps des procédures administratives n'est pas celui qui conditionne la vie ou la mort d'une entreprise.

Marge qui vit et travaille à Charron en parle sur son blog. Elle ne veut pas voire sombrer son village avec l'exode de sa population et avec lui, le déclin de son entreprise familiale. Merci d'aller lui faire un petit coucou. C'est ici.

le 4 mars, Marge écrivait ce message qui m'avait beaucoup touché :
"Dans la nuit de samedi à dimanche la mer que nous aimons tant habituellement est venue comme une folle tout dévaster dans notre village.
Moi qui vous écris je suis une épargnée de la catastrophe ma famille ma maison mon entreprise rien n'a été touché. Rien a été touché en apparence seulement.
Cette mer folle et déchainée par les vents de la tempête après avoir déferlé violemment sur les maisons à sa hauteur, est venue vers trois ou quatre heures du matin encercler notre ilot de survie puis s'est répandue sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur des terres noyant fermes animaux et les champs à perte de vue.
Notre terrain surélevé de quelques petits mètres de plus que les autres maisons nous a permis de ne pas être envahis. Alors dimanche au lever se fut la consternation de voir la mer à une vingtaine de mètres juste en face de nous, nous qui sommes bien au sec.
Non je n'ai pas vu d'eau pénétrer en traitre et sans bruit chez moi pendant mon sommeil. Non je n'ai pas vu mes vitres éclater et je n'ai pas été prisonnière d'un mur d'eau sombre et froide chargé de détritus. Non je n'ai pas failli me noyer ni été blessée prise dans cette espèce de folle machine à laver. Non je ne me suis pas retrouvée à la rue à moitié dévêtue glacée et horrifiée. Non je n'ai pas perdu la vie. Non je n'ai pas perdu de parent ni d'enfants. Non je n'ai pas perdu certains biens précieux qui font le souvenir de toute une vie. Non je n'ai pas perdu ma maison mon entreprise mes animaux. Non je ne suis pas obligée d'être relogée et dépendante des autres en train de brasser le malheur répandu sur le sol boueux de ma maison.
Pourtant je suis profondément choquée. Choquée de voir mon village éventré massacré et ravagé. Choquée de voir les victimes jetées hors de chez elles, ces gens tout ces gens ici que je connais bien et aussi ceux que je ne connais que de vue, choquée de les voir si malheureux, durement éprouvés, épuisés et pourtant occupés à retrousser leurs manches pour sauver quelques miettes de leur vie.
Je suis choquée par ce soudain et violent malheur qui a frappé si fort et fait perdre des vies d'une façon horrible et révoltante. Choquée de savoir ce à quoi notre famille a échappé.
Mais je suis aussi en colère contre l'imprévoyance de cette inondation au vu des conditions conjuguées de vents violents et fort coefficient de marée. Je suis en colère que l'on laisse construire des maisons là où elles n'auraient jamais du se trouver. Je suis en colère contre les responsables irresponsables qui tournent le dos à la mer et font semblant d'ignorer qu'elle ne peut être retenue par des digues ridicules et mal entretenues.
La peine ici est lourde à porter et pèse sur nous tous comme une chape de plombs. Aujourd'hui cinq jours sont passés, aujourd'hui va être un jour encore plus douloureux pour une famille en particulier et pour nous tous aussi.
J'ai réalisé à quel point j'aime mon village, et à quel point j'aime les gens d'ici."
Post scriptum : Parce que la démolition coûte cher, peut-être bien aussi parce-que cela n'avait pas été prévu dans le plan de financement, les maisons rachetées par l'État pourraient être murées, en attendant… Aussi je vous laisse imaginer.