Si nos cellules prenaient autant d'habileté à se réparer que les cellules malignes à se répliquer, alors probablement serions-nous tous immortels.
Pascal s'en est allé après un combat acharné contre cette fichue maladie qui parvient à bout des résistances les plus déterminées et des constitutions les plus endurantes.
Dès le départ, il ne s'y était pas trompé. En comparant la révélation de son myélome à une sorte de onze septembre intime, il n'y voyait finalement pas autre chose que le challenge le plus compliqué de son existence.
Que la victoire annoncée ne soit pas au rendez-vous est une cruelle déception mais est-ce à proprement parler une surprise face à un adversaire aussi déterminé qu'insaisissable ? Et pourtant !
En mesurant à leur juste valeur toute l'importance des solidarités familiales, en vivant ces dernières années aussi intensément que possible, en prenant ce recul obligé sur le travail qui finit aussi et sans qu'on n'y prenne garde, par vous bouffer l'existence, en se consacrant à sa passion, la photographie mise au service des gourmandises dont il se disait expert - et dieu sait s'il l'était - en se livrant à une activité littéraire prolixe sur le web qui soit dit en passant lui aura procuré nombre de rencontres improbables et quelques grands moments de rigolade (auxquels j'espère avoir modestement contribué), ajouté cela à tout le reste, tout ce qu'il avait déjà réalisé avant cela et par ailleurs, Pascal a ainsi accompli pleinement sa part d'humanité.
Infiniment sensible et attachant, d'une gentillesse et d'une courtoisie aux antipodes du personnage volontiers caustique et provocateur de la toile, il avait profondément le goût des autres.
A tous les siens et à tous ses amis, il manquera énormément.
J'ai la conviction qu'il n'aurait pas renié le titre de ce billet, tout comme cet extrait des Monty Python qu'il avait apprécié tout particulièrement lors d'un passage à vide.
Alors voilà Pascal c'est pour toi.
J'espère que tu feras de belles photos, la-haut, pour l'éternité. T'as intérêt d'ailleurs, car je finirai bien par aller les voir un jour où l'autre.


